Le premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a déclaré vendredi à la 81ème Assemblée générale des Nations Unies à New York que la situation au Sahel est une "guerre de libération contre une conspiration visant sa recolonisation". Il a accusé la France et l'Ukraine de mener une "déstabilisation perfide" dans la région. Selon lui, ce qui se passe au Sahel n'est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de faiblesses.

Le PM nigérien a martelé que le terrorisme dans la région est une "ingénierie cynique de recolonisation" motivée par la convoitise des importantes ressources que Dieu a mises dans le sous-sol du Sahel. Il a cité l'uranium du Niger, l'or du Mali et du Burkina, le lithium, le gaz, le pétrole et d'autres richesses qui continuent de faire saliver les anciennes puissances coloniales.

Le premier ministre nigérien a estimé que tous les discours tendent à faire croire que les Etats du Sahel n'ont ni intelligence, ni souveraineté pour gérer leurs propres ressources et qu'ils doivent accepter la tutelle de la France et de ses alliés. Il a dénoncé cette déstabilisation perfide du Sahel menée par la France, avec la complicité active de l'Ukraine, qui est désormais documentée.

Selon le PM nigérien, cette entreprise criminelle est démasquée dès lors que les élites politico-militaires et médiatiques qui la justifient au nom des intérêts de leurs propres pays ont elles-mêmes levé le voile. Il a martelé que le Sahel est déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa dignité, quels qu'en soient les prix.

Le premier ministre nigérien a indiqué qu'au moment où il se livre à son discours devant l'ONU, des proxys dirigés par la France et appuyés par l'Ukraine et deux autres pays sont sur le point d'attaquer les positions militaires et les installations de pétrole du Sahel. Il n'a pas cité les noms des deux pays indexés.

Depuis plus d'une décennie, les pays du Sahel font face à des attaques terroristes. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, toutes anciennes colonies françaises, semblent les plus touchées par ce phénomène. Dirigés par des régimes militaires engagés dans une dynamique souverainiste, les trois pays ont créé en 2023 l'Alliance des Etats du Sahel (AES) pour mener une lutte commune contre le terrorisme.

Les pays du Sahel ont rompu les accords militaires avec la France et se sont retirés de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) qu'ils accusent d'être "manipulée" par les puissances occidentales, dont la France. La France a toujours rejeté les accusations portées contre elle. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à une réforme du Conseil de sécurité pour prendre en compte les préoccupations des pays du Sahel.

Key points

  • Le PM nigérien accuse la France et l'Ukraine de mener une "déstabilisation perfide" au Sahel.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.