Le Conseil de sécurité des Nations Unies a récemment examiné un projet de résolution américain concernant le Sahara occidental. Les déclarations faites lors de cette réunion ont révélé des réserves substantielles sur le texte, en particulier en ce qui concerne la position marocaine. Plusieurs délégations ont contesté le caractère déséquilibré du projet et dénoncé le risque de prédéterminer l'issue du processus politique.

La Russie a estimé que le projet favorisait ouvertement la position marocaine, marginalisait le Front Polisario et écartait les propositions présentées par celui-ci en 2007. La Chine a également exprimé des réserves, jugeant que certaines dispositions imposaient un résultat à l'une des parties sans consultations suffisamment équilibrées. Plusieurs délégations ont rappelé que le droit à l'autodétermination devait rester au cœur du règlement.

Le Pakistan a qualifié l'autodétermination de droit sacro-saint et inviolable, tandis que la Chine a insisté sur la nécessité de consultations équitables garantissant son exercice. La Somalie a estimé que certaines dispositions du projet américain risquaient de préjuger l'issue des négociations. Ces réserves ont conduit ces pays à s'abstenir, malgré des approches parfois différentes du processus politique.

Les déclarations de la Lettonie et du Danemark méritent une attention particulière. Bien qu'ils aient voté en faveur du projet américain, les deux pays ont expressément précisé que leur vote ne constituait ni une reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ni une approbation de l'autonomie comme résultat prédéterminé.

Le Panama a également posé des limites claires à son soutien, considérant l'autonomie comme une base pour la reprise des négociations, mais refusant que cette position préjuge de leur résultat. Le Royaume-Uni et la Grèce, tout en soutenant l'approche fondée sur l'autonomie, ont également rappelé que le règlement devait répondre aux exigences de l'autodétermination.

La déclaration de l'ambassadeur américain Mike Waltz est également notable. Il a déclaré que les consultations conduites par Washington avaient impliqué les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, ainsi que les deux pays observateurs, l'Algérie et la Mauritanie. Cette déclaration contredit la thèse marocaine qui cherche à présenter l'Algérie comme une partie au conflit.

Le vote du 30 octobre révèle deux lignes de fracture. D'une part, Washington veut adapter la mission de la MINURSO à une nouvelle dynamique politique et réduire progressivement son rôle traditionnel. D'autre part, Moscou, Pékin et plusieurs autres délégations veulent préserver le cadre onusien et empêcher toute modification unilatérale du mandat.

Key points

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné le projet de résolution américain sur le Sahara occidental.
  • Des réserves ont été exprimées sur la position marocaine concernant le Sahara occidental.
  • Le mandat de la MINURSO a expiré, mais le Conseil de sécurité demeure saisi du dossier.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.