À l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel pressant à la justice et à la protection des professionnels des médias. Il a souligné que les journalistes jouent un rôle essentiel dans toute société démocratique en permettant au public de s'informer et en contribuant à demander des comptes aux responsables publics.
Selon le message d'António Guterres, au moins 34 journalistes ont été tués au cours de l'année écoulée, tandis que six meurtres sur sept restent impunis. Dans les zones touchées par les conflits armés, le taux d'impunité est "proche de 100 %". Le chef de l'ONU rappelle que les journalistes sont exposés à une succession de menaces, harcèlement, surveillance, poursuites judiciaires abusives, agressions physiques, emprisonnement, torture et assassinats.
Le dernier rapport de l'UNESCO sur la sécurité des journalistes et le danger de l'impunité fait état d'une dégradation de la situation mondiale. 189 journalistes et autres travailleurs des médias ont été tués en 2024 et 2025, soit 20 % de plus que lors des deux années précédentes. Parmi eux, 127 ont été tués dans des zones de conflit, ce qui représente 67 % du total.
L'UNESCO estime à 86 % la proportion de meurtres de journalistes demeurés impunis sur la période 2024-2025, soit une hausse d'un point par rapport au précédent exercice biennal. Les cas recensés concernent toutes les régions du monde. Les États arabes arrivent en tête avec 97 assassinats vérifiés, devant l'Amérique latine et les Caraïbes, avec 37 cas, et la région Asie-Pacifique, avec 34 cas.
Le rapport de l'UNESCO signale aussi l'apparition d'un risque particulièrement préoccupant : l'usage croissant des drones contre les journalistes. Au cours de la période 2024-2025, 50 journalistes ont été tués par des frappes de drones, soit 40 % des journalistes tués dans des zones de conflit. L'organisation a également recensé sept attaques collectives visant plusieurs journalistes en même temps.
Les femmes journalistes sont confrontées à des risques spécifiques, aussi bien sur le terrain que dans l'espace numérique. D'après le rapport de l'UNESCO, 13 des 14 femmes journalistes tuées durant la période étudiée se trouvaient dans des pays touchés par un conflit armé. Une étude menée en 2025 par ONU Femmes et l'International center for journalists indique en outre que 75 % des femmes journalistes interrogées ont subi des abus ou du harcèlement en ligne ou hors ligne.
La Journée internationale du 2 novembre a été proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies en 2013, à travers la résolution A/RES/68/163. Cette résolution invite les États à prendre des mesures concrètes pour combattre la culture de l'impunité et garantir un environnement sûr pour les journalistes. António Guterres place la justice au cœur de la réponse internationale en appelant à "enquêter sur chaque cas" et à "poursuivre chaque responsable".
Key points
- 34 journalistes tués en 2025, 6 meurtres sur 7 impunis
- 189 journalistes tués en 2024 et 2025, hausse de 20 %
- 86 % des meurtres de journalistes restent impunis sur la période 2024-2025