La transformation numérique modifie progressivement la manière dont s'effectuent les échanges internationaux. Les services qui nécessitaient auparavant une présence physique peuvent désormais être fournis à distance, tandis que l'intelligence artificielle élargit encore les possibilités de production, d'innovation et de commerce transfrontière. Selon l'Organisation mondiale du commerce, le commerce des services a atteint une part estimée à 27,6 % du commerce mondial total en 2025.

L'Organisation mondiale du commerce relève que le commerce numérique contribue à réduire les coûts des échanges de services et ouvre de nouvelles possibilités de croissance tirée par le commerce. Pour un développeur, un graphiste, un spécialiste du traitement des données ou un prestataire de services professionnels, la possibilité de travailler à distance peut ainsi faciliter l'accès aux marchés extérieurs. La présence physique du fournisseur dans le pays du client n'est plus toujours nécessaire.

Selon les simulations présentées par l'Organisation mondiale du commerce, le commerce mondial pourrait progresser de 40 % d'ici à 2040 grâce à l'intelligence artificielle, les gains les plus importants étant concentrés dans les services fournis par voie numérique. Le Rapport sur le commerce mondial 2025 estimait que le Pib mondial pourrait progresser de 12 % à 13 %. Ces simulations reposent notamment sur la baisse des coûts du commerce, l'expansion des services liés à l'intelligence artificielle et les gains de productivité.

Pour les économies africaines, les possibilités concernent notamment les services informatiques, les activités externalisées et certains services professionnels, mais aussi les applications de l'intelligence artificielle dans des domaines tels que l'agriculture, la finance, la logistique ou l'éducation. Toutefois, les avantages de l'intelligence artificielle ne seront pas répartis automatiquement. Les écarts d'accès aux infrastructures numériques, aux compétences et aux capacités technologiques peuvent au contraire accentuer les différences entre économies.

L'infrastructure constitue un enjeu majeur pour les économies africaines. Le Kenya dispose de câbles sous-marins, de ressources abondantes en énergies renouvelables et d'une jeunesse rompue aux usages numériques, autant d'atouts susceptibles de favoriser le développement de centres de données et de permettre au pays de tirer parti de l'essor de l'intelligence artificielle. Outre les infrastructures et les compétences, la capacité à tirer parti du commerce numérique dépend aussi de l'environnement réglementaire.

La bataille des règles est un enjeu important pour le commerce numérique et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Les divergences réglementaires constituent notamment un enjeu. La protection des données, la cyber-sécurité, la concurrence et les règles applicables aux technologies émergentes peuvent influer sur les conditions dans lesquelles les entreprises proposent leurs services au-delà des frontières. Pour les économies africaines, l'enjeu est donc de disposer de règles permettant de sécuriser les échanges numériques tout en facilitant leur développement à l'échelle continentale.

Le Protocole sur le commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine, adopté en février 2024, vise à faciliter le commerce numérique entre les États membres. Les travaux de l'Union africaine portent notamment sur l'harmonisation des pratiques en matière de gouvernance des données. La transformation numérique ne garantit donc pas, à elle seule, une insertion accrue de l'Afrique dans le commerce mondial. Celle-ci dépendra de la capacité des pays à investir dans la connectivité, les compétences, les infrastructures de données et l'innovation.

Key points

  • L'intelligence artificielle pourrait faire progresser le commerce mondial de 40 % d'ici à 2040.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.