Le parquet espagnol s'est prononcé contre l'extradition de l'homme d'affaires algérien Ayoub Aissiou, selon des informations publiées par le média espagnol The Objective le 10 octobre 2026. Cette position intervient après plusieurs semaines de procédure judiciaire et constitue un nouveau rebondissement dans cette affaire. Le parquet considère que plusieurs infractions invoquées dans la demande algérienne seraient prescrites et que les éléments disponibles ne suffiraient pas à étayer les accusations de blanchiment de capitaux.
Le parquet espagnol avance deux arguments principaux pour s'opposer à l'extradition. Le premier concerne la prescription de plusieurs faits reprochés à l'homme d'affaires. La convention d'extradition signée entre l'Algérie et l'Espagne prévoit que les poursuites ou la peine peuvent être refusées si elles sont prescrites au regard de la législation de l'un des deux États. Le second argument porte sur les accusations de blanchiment d'argent, pour lesquelles le parquet estime que les indices disponibles ne permettent pas de soutenir suffisamment cette qualification.
Ayoub Aissiou avait été interpellé à l'aéroport de Barcelone-El Prat en juillet 2026, dans le cadre d'une procédure engagée à la suite d'un mandat d'arrêt international. Par la suite, il avait été placé en détention provisoire en attendant l'examen de la demande d'extradition. En septembre, l'Audiencia Nacional avait ordonné sa remise en liberté provisoire, à la demande du parquet espagnol, avec des obligations judiciaires telles que la remise du passeport et des présentations régulières devant la justice.
En Algérie, Ayoub Aissiou fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires pour des infractions à la réglementation des changes, des transferts illicites de capitaux, des faits de corruption et du blanchiment d'argent. En mars 2026, la Cour d'Alger avait confirmé la condamnation à 20 ans de prison visant Ayoub Aissiou dans une affaire financière. Les avocats d'Ayoub Aissiou soutiennent que les poursuites engagées contre leur client comporteraient une dimension politique.
La décision finale concernant l'extradition d'Ayoub Aissiou appartient désormais à l'Audiencia Nacional. Les magistrats doivent examiner le dossier et statuer sur la requête algérienne. Malgré l'opposition du parquet, la demande d'extradition n'est pas définitivement rejetée. Les autorités algériennes maintiennent leurs démarches judiciaires visant sa remise.
Le traité bilatéral d'extradition entre l'Algérie et l'Espagne encadre ces procédures et impose des conditions de double incrimination. L'Audiencia Nacional devra apprécier les arguments présentés au regard de ces dispositions. La suite de l'affaire dépendra de la décision des magistrats, au regard de la convention bilatérale et des pièces versées à la procédure.
Cette affaire a été suivie par les médias algériens et espagnols depuis plusieurs mois. La décision de l'Audiencia Nacional sera attendue avec intérêt, alors que les avocats d'Ayoub Aissiou défendent une interprétation politique des poursuites engagées contre leur client.
Key points
- Le parquet espagnol s'oppose à l'extradition d'Ayoub Aissiou.
- La décision finale appartient à l'Audiencia Nacional.
- Ayoub Aissiou est visé par plusieurs procédures judiciaires en Algérie pour des infractions financières.