Le Bénin a récemment adopté un nouveau code de la route, considéré comme une avancée majeure pour lutter contre l'hécatombe routière qui sévit dans le pays. Ce nouveau texte impose des règles de conduite plus strictes et des pratiques qui nécessitent des investissements de la part des populations. Quatre mesures phares vont directement toucher le portefeuille des Béninois, notamment le casque homologué obligatoire, l'immatriculation généralisée des motos, le renforcement de l'assurance et de la visite technique, ainsi que les équipements obligatoires.

Le casque homologué obligatoire est l'une des mesures qui suscitent le plus d'inquiétude auprès des populations. Les casques "calebasses" ne sont plus autorisés et les conducteurs de motos devront désormais utiliser des casques normés. Cela pourrait représenter un coût élevé pour les ménages qui possèdent plusieurs motos. De même, l'immatriculation généralisée des motos, même de petite cylindrée, devra être effectuée avec des plaques réfléchissantes et sécurisées délivrées par l'ANaTT.

Le renforcement de l'assurance et de la visite technique est également une mesure qui vise à améliorer la sécurité routière. Les contrôles seront systématisés et digitalisés, avec un système de contravention électronique pour les défauts d'assurance. Les équipements obligatoires, tels que le gilet rétroréfléchissant, le triangle de présignalisation et l'extincteur, devront également être utilisés. Ces mesures visent à réduire le nombre d'accidents routiers qui coûtent cher à la famille et à l'État.

Le Bénin enregistre plusieurs morts par an sur les routes, dont 70% sont des motocyclistes. Chaque accident coûte cher à la famille et à l'État, qui perd près de 3% de son PIB. Le gouvernement doit donc prendre des mesures pour accompagner la mise en œuvre de ce nouveau code de la route et éviter une fracture sociale. La répression ne doit pas être la seule approche, mais plutôt une approche pédagogique et accompagnatrice.

Pour réussir la réforme, le gouvernement doit mettre en place des mesures d'accompagnement. Une année blanche de sensibilisation est proposée, avec une campagne nationale massive en langues nationales pour expliquer les avantages du nouveau code de la route. Le gouvernement doit également subventionner les équipements de sécurité, tels que les casques homologués, et négocier des prix de gros avec les importateurs.

Le gouvernement doit également rapprocher l'administration des populations en organisant des caravanes foraines d'immatriculation dans les 77 communes, avec un forfait unique subventionné pendant six mois. Enfin, il doit impliquer les mairies et la société civile dans la sensibilisation et la mise en œuvre du nouveau code de la route. La sécurité routière ne peut pas être l'affaire de la police seule.

Le nouveau code de la route est nécessaire pour réduire le nombre d'accidents routiers au Bénin. Mais pour qu'il soit efficace, il doit être accompagné de mesures pédagogiques et d'accompagnement pour éviter une fracture sociale. Le Bénin a l'opportunité de réussir une réforme exemplaire en Afrique, à condition de donner aux populations les moyens de se protéger elles-mêmes.

Key points

  • Le gouvernement doit prendre des mesures pour accompagner la mise en œuvre du nouveau code de la route et éviter une fracture sociale.
  • Le Bénin enregistre plusieurs morts par an sur les routes, dont 70% sont des motocyclistes.
  • Le gouvernement doit subventionner les équipements de sécurité, tels que les casques homologués, pour aider les populations à se mettre aux normes.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.