Le gouvernement fédéral du Nigeria a annoncé la création d'une commission indépendante de dix membres pour enquêter sur la mort de 37 personnes détenues par le Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) dans l'État du Niger. Cette décision fait suite à la vague de réactions suscitées par ces décès, notamment dans la région de Minna, capitale de l'État du Niger.
Les victimes faisaient partie de personnes arrêtées les 15 et 16 septembre lors d'opérations menées contre l'exploitation minière illégale dans plusieurs sites de la région de Minna. Le NSCDC avait annoncé l'arrestation de plusieurs dizaines de personnes soupçonnées de participer à des activités minières illégales. Les 37 décès ont été constatés le 17 septembre, alors que les personnes arrêtées se trouvaient toujours sous la responsabilité du corps paramilitaire.
L'âge de plusieurs victimes suscite des interrogations, selon des informations rapportées par Reuters. Beaucoup des détenus étaient âgés de 14 à 18 ans. Des proches ont également contesté, dans certains cas, les motifs mêmes des arrestations. Ces témoignages doivent encore être établis par l'enquête.
La cause des décès est l'une des principales questions auxquelles devra répondre la commission. Dans un premier communiqué, le NSCDC avait évoqué une possible épidémie ou maladie parmi les détenus, tout en précisant que la cause exacte devait être déterminée par des examens médicaux. Des survivants ont décrit des cellules surpeuplées et mal ventilées et évoqué des difficultés respiratoires.
Le gouvernement fédéral a suspendu 21 agents du NSCDC, dont le commandant du corps dans l'État du Niger, dans l'attente des conclusions de l'enquête. Ces suspensions ne constituent pas une déclaration de culpabilité. La commission indépendante dispose de deux semaines pour rendre son rapport et peut consulter les documents et éléments matériels liés à l'affaire.
L'affaire a provoqué une vive réaction à Minna, avec des manifestations qui ont éclaté vendredi, suivies d'affrontements entre protestataires et forces de sécurité. Le gouvernement de l'État du Niger a instauré un couvre-feu dans la capitale et suspendu les activités minières dans l'État.
La commission indépendante devra établir l'identité des victimes, examiner les conditions de leur arrestation et de leur détention, déterminer la cause et les circonstances des décès et rechercher d'éventuelles responsabilités, négligences ou fautes.
Key points
- Le gouvernement nigérian a constitué une commission indépendante pour enquêter sur la mort de 37 personnes détenues par le NSCDC.
- Les victimes étaient détenues pour des activités minières illégales.
- L'enquête devra déterminer les circonstances des décès et les responsabilités éventuelles.