Le 21 septembre 2026, Dmitri Medvedev a publié un message sur X, dans lequel il a opposé la réaction française à la décision russe concernant Auchan, aux sanctions visant Moscou et au soutien militaire apporté à l'Ukraine. Medvedev a ainsi repris l'argument selon lequel les relations entre la France et la Russie ne peuvent pas être appréciées uniquement à partir de la décision concernant Auchan. Il a demandé si les sanctions et les livraisons d'armes à l'Ukraine pouvaient être considérées comme des gestes amicaux.

La décision russe visant les actifs d'Auchan a été prise le 17 septembre, lorsque Vladimir Poutine a signé un décret plaçant sous administration temporaire les participations russes d'Auchan, de Nestlé et de plusieurs autres groupes occidentaux. La gestion des actifs concernés a été confiée à L.E.V. Management, une société russe. Pour Auchan, la mesure concerne une part très importante de ses intérêts en Russie, où l'enseigne exploite 229 magasins et emploie plus de 24 000 personnes.

Le mécanisme utilisé par Moscou est celui de l'administration temporaire, qui permet aux autorités russes de contrôler la gestion des actifs sans procéder formellement, à ce stade, à un transfert de propriété. Ce dispositif avait déjà été appliqué à d'autres groupes occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine. Le Kremlin invoque les sanctions et le soutien à Kiev pour justifier cette décision.

Le 18 septembre, Dmitri Peskov avait défendu la décision russe en invoquant le statut de « pays inamicaux » attribué à plusieurs États occidentaux. Le porte-parole du Kremlin avait également cité leur implication dans le soutien militaire à l'Ukraine et les sanctions adoptées contre Moscou. Cette justification fait directement écho au message publié ensuite par Medvedev.

Le RN avait dénoncé un « acte hostile » visant les intérêts français et européens. Dans leur communiqué, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affirmé que Moscou ne devait pas pouvoir influencer la politique française par la menace ou la déstabilisation. Le texte du RN ne se limite toutefois pas à une condamnation de Moscou, mais demande aussi un débat sur le niveau et les conditions du soutien français à l'Ukraine.

La réaction de Medvedev intervient donc après une séquence de quelques jours au cours de laquelle Moscou a placé les actifs d'Auchan sous administration temporaire, le RN a dénoncé cette décision et le Kremlin a répondu aux critiques françaises. Le 21 septembre, Peskov a également rejeté les accusations selon lesquelles la Russie chercherait à intimider ou déstabiliser la France.

Medvedev a accusé le parti de Le Pen de « russophobie », rejoignant ainsi les critiques russes contre les pays occidentaux qui soutiennent l'Ukraine. Cette passe d'armes entre la Russie et le RN intervient dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et les pays occidentaux.

Key points

  • Medvedev accuse le RN de « russophobie » après la condamnation de la décision russe visant les actifs d'Auchan.
  • La décision russe visant les actifs d'Auchan a été prise le 17 septembre.
  • Le RN avait dénoncé un « acte hostile » visant les intérêts français et européens.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.