L'armée malienne, appuyée par les paramilitaires russes de l'Africa Corps, a repris mardi 6 octobre le contrôle de Kidal, dans le nord du Mali. Cette ville stratégique était occupée depuis cinq mois par le Front de libération de l'Azawad (FLA), une coalition de groupes indépendantistes touareg et arabes maliens. Le FLA a affirmé effectuer un "repli stratégique" pour éviter les combats et les affrontements dans une ville de Kidal quasiment vide.
La reprise de Kidal est considérée comme une victoire symbolique pour l'armée malienne et le pouvoir de Bamako. Le président de la transition, Assimi Goïta, est arrivé au pouvoir en 2020 en promettant de sécuriser le pays, récupérer les territoires perdus et rassurer les populations. La ville de Kidal est une base importante pour la légitimité du pouvoir. L'armée malienne avait annoncé des opérations aéroterrestres d'envergure, mais la reprise de la ville s'est faite sans combat ni affrontement avec le FLA.
Selon le chercheur Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute et enseignant chercheur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, la médiation algérienne a joué un rôle important dans la reprise de Kidal. L'Algérie a une influence importante dans la région et entretient des relations historiques avec le Mali. Les deux pays ont connu des tensions récemment, notamment en raison de l'incident du drone qui a entraîné une quasi-rupture des relations diplomatiques.
Le FLA a affirmé effectuer un "repli stratégique" pour "épargner les civils". Selon certaines sources, la situation militaire a été provoquée par une supériorité opérationnelle du côté malien, avec l'appui aérien des Russes et des drones. Le FLA n'a pas été en mesure de résister à l'armée malienne et a décidé de se retirer de la ville. Les raisons de ce retrait restent floues, mais il semblerait que le FLA cherche à éviter des représailles sur les populations locales.
Le chercheur Bakary Sambe estime que la guerre entre le FLA et l'armée malienne est loin d'être terminée. Le FLA peut encore revenir à Kidal, mais les frappes aériennes menées par l'armée malienne avec l'appui de l'Africa Corps sont dissuasives. Le FLA cherche à jouer sur la proximité avec la population pour garder son impact et obtenir des soutiens locaux. L'armée malienne a tout intérêt à maintenir cette proximité pour obtenir des soutiens dans cet affrontement de longue haleine.
Le JNIM (Jama'at Nusrat al-Islam wal Muslimeen), un groupe djihadiste allié au FLA, n'a pas encore réagi à la reprise de Kidal. Selon certaines sources, le JNIM et le FLA ont des objectifs différents, même si les deux groupes se sont alliés pour s'opposer au pouvoir central de Bamako. Le JNIM s'inscrit dans une logique de mouvement islamiste, tandis que le FLA a une vocation de libération nationale.
La reprise de Kidal est un événement important dans la lutte contre l'insécurité au Mali. Le pays est confronté à une instabilité chronique, notamment dans le nord, où les groupes djihadistes et les milices sont actifs. La communauté internationale suit de près la situation au Mali et appelle au dialogue et à la réconciliation nationale pour mettre fin à la violence.
Key points
- La ville stratégique de Kidal a été reprise par l'armée malienne avec l'appui de l'Africa Corps.
- Le FLA a affirmé effectuer un "repli stratégique" pour éviter les combats et les affrontements dans une ville de Kidal quasiment vide.
- La guerre entre le FLA et l'armée malienne est loin d'être terminée, selon le chercheur Bakary Sambe.