Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé de nouvelles restrictions imposées par le groupe armé M23, rebaptisé Front pour la refondation de la Nation (FRN), dans les zones qu'il contrôle au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Ces mesures auraient entraîné une baisse de 41 % des consultations pour violences sexuelles entre janvier et août 2026. MSF s'inquiète de l'impact de ces restrictions sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Selon MSF, les autorités mises en place par le M23 exigent des examens physiques intrusifs et médicalement inutiles pour établir la réalité des agressions. Les victimes doivent également se présenter à la police dans les 72 heures suivant les faits avant de pouvoir bénéficier de soins. Ces dispositions soulèvent de graves inquiétudes concernant le secret médical, la protection des victimes et l'accès aux soins.

MSF a constaté une forte baisse des consultations liées aux violences sexuelles dans plusieurs centres de santé soutenus par l'organisation. Des dizaines de dossiers ont été effacés et d'autres structures ont cessé d'enregistrer ces cas pendant plusieurs mois. Le nombre de victimes sollicitant une prise en charge médicale a fortement diminué, avec une baisse de 41 % des consultations pour violences sexuelles en août 2026 par rapport à janvier.

Les professionnels de santé ont été menacés de suspension, voire d'emprisonnement, s'ils refusaient de se conformer aux nouvelles mesures, selon MSF. L'organisation humanitaire s'inquiète de l'impact de ces restrictions sur la santé et le bien-être des victimes de violences sexuelles. Les victimes de violences sexuelles sont déjà vulnérables et ont besoin d'un accès rapide et sans obstacle aux soins.

La situation est d'autant plus préoccupante que la RDC est déjà confrontée à une crise humanitaire majeure. Le conflit dans l'est du pays a déjà provoqué des milliers de déplacés et des victimes. Les restrictions imposées par le M23 aggravent la situation et font craindre une détérioration de la santé publique.

MSF a lancé un appel à l'attention de la communauté internationale pour qu'elle prenne des mesures pour protéger les victimes de violences sexuelles et garantir leur accès aux soins. L'organisation humanitaire demande également aux autorités de la RDC de prendre des mesures pour rétablir l'accès aux soins des victimes de violences sexuelles.

La situation des victimes de violences sexuelles en RDC est un problème majeur qui nécessite une attention urgente. Les organisations humanitaires, les autorités et la communauté internationale doivent travailler ensemble pour garantir l'accès aux soins des victimes et mettre fin aux restrictions imposées par le M23.

Key points

  • Les restrictions imposées par le M23 ont entraîné une baisse de 41 % des consultations pour violences sexuelles entre janvier et août 2026.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.