Les œuvres artistiques et littéraires guinéennes sont exploitées à la fois sur le territoire national et à l'étranger, mais leur identification insuffisante constitue un obstacle majeur à la récupération des revenus générés par ces exploitations. Selon le Directeur général du Bureau guinéen des droits d'auteur (BGDA), chaque œuvre créée peut être exploitée quelque part dans le monde et générer des revenus. Cependant, les organismes chargés de la gestion des droits ne disposent pas toujours des informations permettant d'identifier précisément l'auteur et l'œuvre concernée.

Le Directeur général du BGDA explique que l'œuvre est exploitée, mais que les informations sur l'auteur et l'œuvre sont souvent inexistantes. Il déplore le fait que les œuvres ne soient pas immatriculées, n'aient pas de code, d'extrait de naissance ou de référence. Pour remédier à cette situation, il insiste sur la nécessité d'attribuer à chaque créateur un identifiant international, qui permet de reconnaître l'auteur dans les systèmes de gestion des droits à l'échelle mondiale.

L'identification de l'œuvre est également cruciale, notamment pour les œuvres musicales qui doivent disposer d'un code ISWC. Ce code permet d'identifier de manière unique les œuvres dans les échanges entre organismes de gestion collective. Le Directeur général du BGDA prend l'exemple des œuvres de plusieurs artistes guinéens, notamment Takana Zion, dont les titres doivent pouvoir être identifiés pour permettre leur traçabilité lorsqu'ils sont exploités à l'étranger.

Grâce à cette identification, les droits générés par l'exploitation de l'œuvre peuvent être retracés et, en principe, transférés vers l'organisme compétent en Guinée afin d'être reversés à l'ayant droit. Le responsable du BGDA souligne que l'absence de codification ne signifie pas qu'une œuvre ne génère aucun revenu. Au contraire, une œuvre peut être largement exploitée et produire des droits sans que l'organisme guinéen soit en mesure de localiser et de récupérer ces revenus.

Le Directeur général estime que cette situation ne saurait être imputée aux artistes, qui ne disposent pas nécessairement des moyens ni des prérogatives leur permettant de suivre eux-mêmes l'exploitation de leurs œuvres à travers le monde. C'est tout l'enjeu de la gestion collective des droits d'auteur, confiée par l'État au Bureau guinéen des droits d'auteur.

L'institution a pour mission d'agir au nom et pour le compte des créateurs afin de collecter les revenus issus de l'exploitation de leurs œuvres et de les redistribuer aux ayants droit. Le Directeur général rappelle que le BGDA a la faculté de travailler au nom des créateurs, en leur nom et à leur place, d'aller prendre leur argent.

L'identification des auteurs et la codification des œuvres apparaissent ainsi comme des étapes essentielles pour permettre à la Guinée de mieux suivre l'exploitation de son patrimoine culturel et surtout de récupérer les revenus générés par les œuvres guinéennes au-delà des frontières nationales. Le BGDA a visité 28 fois, avec 2 visites aujourd'hui.

Key points

  • Le BGDA alerte sur les revenus générés par les œuvres guinéennes à l'étranger en raison d'une identification insuffisante des auteurs et des œuvres.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.