À fin septembre 2026, les transferts des Marocains du monde ont dépassé 103 milliards de dirhams, tandis que les recettes du tourisme ont franchi la barre des 115 milliards de dirhams. Ces chiffres, publiés par l'Office des changes, montrent une hausse significative par rapport à l'année précédente. Les transferts des Marocains du monde ont augmenté de 11,3% pour atteindre 103,06 milliards de dirhams, contre 92,63 milliards un an plus tôt.

La progression des transferts des Marocains du monde est notable, avec une hausse de 10,43 milliards de dirhams en un an. Les seuls mois d'août et de septembre ont contribué à cette hausse, avec des transferts de 28,3 milliards de dirhams, contre 23,5 milliards sur la même période de 2025. Cette augmentation est attribuée à la dynamique de la diaspora marocaine, qui a vu une envolée de 20% des transferts pendant ces deux mois.

Les recettes du tourisme ont également augmenté, de 12,1%, pour atteindre 115,26 milliards de dirhams. Les dépenses des résidents à l'étranger ont progressé moins vite, de 8%, pour atteindre 26,96 milliards de dirhams. Le solde de la balance des voyages s'établit ainsi à 88,3 milliards de dirhams, en hausse de 13,4%. Le Royaume a accueilli 15,7 millions de visiteurs entre janvier et septembre, soit 5% de plus qu'en 2025.

La hausse des recettes du tourisme est également attribuée à l'augmentation des dépenses par visiteur, qui ont augmenté de 6 à 7% par rapport à l'année précédente. Cela peut être dû à une montée en gamme de l'offre touristique, mais également à la hausse des tarifs des hôtels et des prix des produits locaux. Une grande partie des touristes sont en réalité des Marocains du monde en visite, ce qui rend la frontière entre les deux rubriques plus poreuse.

Les transferts des Marocains du monde et les recettes du tourisme représentent désormais plus de 218 milliards de dirhams en neuf mois. Cela peut réjouir les autorités monétaires et rassurer les gardiens des réserves de change. Cependant, il convient de noter que ces deux sources respirent pour un corps qui reste structurellement essoufflé, avec un déficit commercial qui a déjà atteint 282,6 milliards de dirhams fin août.

La fragilité de ces deux sources tient au fait qu'elles dépendent de facteurs que Rabat ne maîtrise pas, tels qu'une récession en Europe, une crise sanitaire ou une tension géopolitique dans la région. Les investissements directs étrangers, en forte progression, restent trois fois inférieurs aux seuls transferts des Marocains du monde. La diaspora marocaine demeure ainsi le premier bailleur de fonds du pays.

La question qui se pose désormais est de savoir comment transformer ce flux de solidarité familiale en levier d'investissement. Les assouplissements de change de 2026 n'ont fait qu'effleurer ce chantier. Le Maroc n'a pas besoin d'un conditionnel pour compter sur sa diaspora, mais il en aurait besoin pour imaginer une économie qui en dépende moins.

Key points

  • Les transferts des Marocains du monde ont atteint 103,06 milliards de dirhams à fin septembre 2026.
  • Les recettes du tourisme ont franchi la barre des 115 milliards de dirhams à fin septembre 2026.
  • Les transferts des Marocains du monde et les recettes du tourisme représentent plus de 218 milliards de dirhams en neuf mois.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.