Les États-Unis ont expulsé au moins 25 447 migrants vers des pays tiers depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. Selon une enquête publiée par Forbidden Stories et plusieurs médias internationaux, ces personnes ont été envoyées dans des pays qui ne sont pas nécessairement leur pays d’origine et avec lesquels elles n’ont parfois aucun lien. Les données compilées dans le cadre de cette enquête révèlent que près de 20 000 migrants ont été transférés vers le Mexique.

Les autres migrants ont été répartis dans 27 pays d’Amérique latine, d’Afrique et du Pacifique. Des accords auraient également été conclus avec sept autres pays pour accueillir des migrants qui ne peuvent pas être renvoyés directement dans leur pays d’origine. La politique américaine d’expulsion vers des pays tiers repose notamment sur ces accords conclus par Washington avec des pays tiers.

Selon l’enquête, les États-Unis auraient conclu des arrangements avec 35 pays. Les modalités varient selon les États concernés, notamment concernant les nationalités acceptées et le profil des personnes expulsées. L’administration américaine aurait par ailleurs prévu environ 410 millions de dollars pour ces opérations, sous forme de paiements aux pays d’accueil ou à des agences des Nations unies.

La politique américaine d’expulsion vers des pays tiers fait également l’objet d’un important contentieux judiciaire. Le 18 septembre 2026, une cour d’appel fédérale américaine a jugé illégale la procédure permettant d’expulser rapidement des migrants vers des pays tiers sans leur accorder une possibilité suffisante de faire valoir leurs craintes concernant leur sécurité.

Le juge fédéral Seth Aframe a estimé que les personnes concernées devaient bénéficier d’une possibilité « meaningful » de présenter leurs inquiétudes avant leur transfert. La décision intervient après une première décision rendue en février contre cette politique. Cette décision de justice pourrait avoir des implications importantes pour les migrants expulsés vers des pays tiers.

Le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) défend pour sa part le recours à ces expulsions. Dans une déclaration rapportée par ABC News, le ministère a affirmé que les personnes concernées avaient été expulsées vers « un pays sûr » et que les autorités américaines « appliquent la loi telle qu’elle est écrite ».

Les expulsions de migrants vers des pays tiers soulèvent des questions complexes sur la politique migratoire américaine et les droits des migrants. Les organisations de défense des droits de l’homme et les critiques de la politique américaine estiment que ces expulsions violent les droits des migrants et les exposent à des risques.

Key points

  • Les États-Unis ont expulsé plus de 25 000 migrants vers des pays tiers depuis janvier 2025.
  • La politique américaine d’expulsion vers des pays tiers fait l’objet d’un important contentieux judiciaire.
  • Le Département américain de la Sécurité intérieure défend le recours à ces expulsions.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.