Depuis 2025, les États-Unis et l'Europe ont changé leur stratégie concernant les migrants. Au lieu de les expulser vers leur pays d'origine, ils les déportent en Afrique contre de l'argent. Cette pratique a donné naissance à un nouveau marché de la déportation. L'Afrique est ainsi devenue une décharge migratoire pour les pays occidentaux. Les États-Unis ont même créé un bureau spécialisé pour cela, l'Office of Remigration, qui a contacté 49 pays africains.
Le marché de la déportation est simple : les pays africains acceptent de prendre les migrants déportés en échange d'une somme d'argent. Les montants varient selon les pays. Par exemple, le royaume d'Eswatini a reçu 5,1 millions de dollars pour un premier contingent de cinq personnes, tandis que la Guinée équatoriale a reçu 7,5 millions de dollars pour une quarantaine de personnes. Le Rwanda a également signé un accord, mais le montant est confidentiel.
Neuf pays africains ont signé des accords avec les États-Unis et l'Europe jusqu'à présent : Eswatini, Rwanda, Ghana, Soudan du Sud, Ouganda, Cameroun, Guinée équatoriale et la RDC. Ces accords sont souvent conclus par décret ou par un simple communiqué, sans passer par les parlements. Cela a suscité des critiques de la part de certains avocats et de la société civile, qui dénoncent un manque de transparence et de consentement populaire.
L'Europe n'est pas en reste dans cette pratique. L'Italie a ouvert la voie avec l'Albanie, et l'UE a voté une règle historique permettant d'expulser un demandeur d'asile vers un pays avec lequel il n'a aucun lien, pourvu qu'il y ait un accord. Fin août, plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas, se sont réunis à Kigali pour négocier la création d'un centre de retour européen en Afrique.
Les dispositions qui encadrent ces expulsions sont souvent opaques. Aux États-Unis, le président Trump utilise des executive agreements pour contourner l'obligation de notifier le Congrès 60 jours après. En Afrique, les acceptations sont souvent opérées par décret ou par un simple communiqué, sans passer par les parlements. Cela a suscité des critiques de la part de certains avocats et de la société civile.
Les déportés sont souvent soumis à des conditions difficiles, voire à des violences. Les avocats parlent de "chain refoulement" ou "refoulement indirect en cascade", lorsque les migrants sont déportés vers un pays tiers, où ils risquent d'être renvoyés vers leur pays d'origine, au péril de leur vie. Cette pratique a suscité des critiques de la part de certains défenseurs des droits de l'homme.
La pratique de déportation des migrants en Afrique soulève des questions sur le double standard des pays occidentaux. Les mêmes pays qui critiquent les accords secrets en Afrique sont souvent ceux qui en concluent eux-mêmes. Les défenseurs des droits de l'homme appellent à une plus grande transparence et à un respect des droits de l'homme dans ces pratiques.
Key points
- Les États-Unis et l'Europe déportent des migrants en Afrique contre de l'argent.
- Neuf pays africains ont signé des accords avec les États-Unis et l'Europe.
- Les dispositions qui encadrent ces expulsions sont souvent opaques.