Les prix du pétrole ont décroché lundi, les investisseurs misant sur une reprise des discussions entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en janvier, a perdu 7,64 %, à 104,77 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en décembre, a glissé de 7,36 % à 96,46 dollars.

Les positions restent très éloignées mais, selon l'Iran, les consultations sont « intenses », pour éviter une reprise des hostilités avec les États-Unis. Téhéran s'est dit prêt à rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz – au coeur du conflit – en deux jours au lieu du plan initial de sept jours, sous conditions. Cela a contribué à la baisse des prix du pétrole.

Les analystes estiment que le brusque revirement du sentiment du marché est dû à la perspective d'une possible percée diplomatique. « Nous assistons à un brusque revirement du sentiment du marché », commente John Kilduff, analyste d'Again Capital. « Nous sommes passés de l'anticipation d'une offensive majeure après les élections législatives américaines à la perspective d'une possible percée diplomatique ».

Lors d'un appel avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump aurait émis le souhait de laisser les négociations suivre leur cours plutôt que de frapper l'Iran immédiatement après les « midterms », qui auront lieu mardi, selon un article du média Axios publié dimanche. Cela a également contribué à la baisse des prix du pétrole.

Cependant, les analystes estiment que les signaux diplomatiques pourraient être tactiques à l'approche des élections de mi-mandat. « Les signaux diplomatiques pourraient être tactiques à l'approche des élections de mi-mandat », a estimé Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. « La guerre est impopulaire aux États-Unis, notamment en raison de la flambée des prix des carburants, et Trump a un intérêt politique à suggérer qu'une fin possible du conflit est envisageable ».

Les analystes estiment que toutes les pertes seront rapidement effacées si cela n'aboutit pas à un accord concret. « Toutes les pertes seront rapidement effacées si cela n'aboutit pas », résume M. Kilduff. En parallèle, le trafic maritime dans la région demeure sous la menace de l'Iran et des Houthis pro-iraniens du Yémen.

Les Houthis du Yémen ont affirmé lundi avoir frappé l'aéroport saoudien de Dammam, tandis que le ministère de la Santé houthi a indiqué le même jour que sept civils avaient été blessés dans des frappes aériennes de la coalition menée par l'Arabie saoudite sur le port de Hodeida et une compagnie pétrolière. La situation au Moyen-Orient reste donc volatile.

Key points

  • Les prix du pétrole ont chuté lundi en raison des espoirs de progrès diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran.
  • Les positions restent très éloignées mais les consultations sont « intenses », selon l'Iran.
  • Les analystes estiment que les signaux diplomatiques pourraient être tactiques à l'approche des élections de mi-mandat.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.