Dans une tribune publiée récemment, Sayon Mara, un juriste guinéen, a exprimé son opinion sur l'utilisation des prénoms importés en Afrique. Selon lui, lorsqu'un peuple refuse d'être ce qu'il est pour tenter d'être ce qu'il n'est pas, il devient inéluctablement la risée de tous. Il a souligné que la lutte pour l'éveil des consciences sera certes rude, mais elle finira par aboutir grâce à l'esprit des ancêtres.
Avant l'influence des croyances religieuses issues des contacts avec les Almoravides au XIème siècle et les missionnaires catholiques, les Africains portaient des prénoms traditionnels resplendissants et évocateurs. Ces prénoms étaient souvent liés à des éléments de la nature, des événements ou des qualités. Sayon Mara a donné plusieurs exemples de prénoms traditionnels guinéens qui reflètent la richesse culturelle du pays.
Chez les Peuls, certains prénoms traditionnels sont encore utilisés aujourd'hui. Par exemple, Bodéwal signifie teint clair, tandis que Sadio ou Sadjo est donné à un enfant né après des jumeaux ou des jumelles. Korka, qui signifie "le jeûne" ou "le ramadan", est donné à un enfant né pendant le ramadan. D'autres prénoms, comme Boye, Oury, Téli et Malaadho, ont également des significations particulières.
Chez les Maninkas, les prénoms traditionnels sont également très présents. Tinda signifie "lieu d'approvisionnement en eau" et est souvent donné à un enfant dans l'espoir qu'il soit l'espoir de toute une famille. Kounadi, qui signifie "chanceuse", est donné à une fille dans l'espoir qu'elle soit chanceuse. D'autres prénoms, comme Guémèrin, Noumoukè et Filifing, ont également des significations intéressantes.
Les autres groupes ethniques guinéens, comme les Sossos, les Kpèlès, les Tomas et les Kissis, ont également leurs propres prénoms traditionnels. Chez les Sossos, N'Sira est donné à la première fille d'une fratrie, tandis que Tanoundi et M'Bemba signifient "petit frère" et "grand frère". Chez les Kpèlès, Pola est donné à une fille qui accède pour la première fois à un lieu d'initiation.
Sayon Mara a souligné que les prénoms traditionnels africains sont plus resplendissants et définissent mieux l'Africain que les prénoms importés. Il a encouragé les parents à donner des prénoms traditionnels à leurs enfants, car ils créent un lien fort entre les peuples africains et leurs ancêtres.
Enfin, Sayon Mara a conclu que les prénoms importés, notamment arabes et occidentaux, creusent un véritable fossé entre les aïeux et les générations actuelles. Il a invité les Africains à être fiers de leur culture et de leurs traditions, et à les préserver pour les générations futures.
Key points
- Les prénoms traditionnels africains définissent mieux l'Africain que les prénoms importés.