Les pays arabes sont confrontés à un contexte international sous tension, avec des tensions géopolitiques, économiques et climatiques qui imposent une forte pression sur les finances publiques. Dans ce contexte, l'effort de budgétisation dans ces pays doit évoluer vers des budgets axés sur les résultats et l'impact, plutôt que sur le volume des dépenses. C'est ce qui ressort du 4e Forum Financier Arabe, organisé à Tunis, dans le cadre du Prix de Sharjah pour les Finances Publiques.

Le 4e Forum Financier Arabe est organisé conjointement par le ministère des Finances, le Gouvernement de Sharjah et l’Organisation Arabe pour le Développement Administratif (OADA) rattachée à la Ligue des États Arabes. L'événement se concentre sur la résilience financière, la durabilité et l’optimisation des budgets publics. Le thème de cette édition est « Flexibilité financière et durabilité : concevoir des budgets flexibles et axés sur la valeur ».

Le chef de cabinet de la ministre des Finances, Zouhair Atallah, a considéré que les matrices budgétaires ne doivent plus être considérées comme de simples registres comptables d’entrées et de sorties, mais comme des systèmes stratégiques intégrés dédiés à la gestion des risques, à la pérennité des ressources et à la continuité des services publics. Il a évoqué deux leviers indissociables : la flexibilité financière et la durabilité financière.

La flexibilité financière signifie la capacité d'ajuster rapidement les politiques fiscales et les dépenses publiques pour répondre aux urgences. La durabilité financière consiste en la capacité de l’État à honorer l’ensemble de ses engagements actuels et futurs. Atallah a affirmé que la réforme de la finance publique tunisienne repose sur une gestion moderne axée sur les résultats, la transparence et la redevabilité.

Le Directeur général de l’OADA, Nasser Al-Hatlan Al-Qahtani, a souligné que les finances publiques dans le monde font face à des contraintes simultanées, notamment la hausse des coûts de financement, la croissance des obligations sociales et de développement, la fréquence des chocs géopolitiques, ainsi que la transformation numérique rapide. Il a plaidé pour un changement de paradigme, passant d’une simple gestion des ressources à une gestion globale de la performance financière de l’État.

Al-Qahtani a rejeté le principe d’un modèle unique, préconisant l’adaptation des pratiques vers l’instauration d’une budgétisation axée sur les résultats et l’impact. Il a également souligné l'importance de la transparence, de la concurrence loyale dans les marchés publics et d'une gestion équitable des ressources. Le succès des finances publiques repose sur la confiance des citoyens et des institutions.

Le Forum financier arabe du Prix de Sharjah des finances publiques est une rencontre interarabe qui s’inscrit dans le cadre des initiatives de coopération et d’échange d’expériences entre administrations arabes en vue d’améliorer la gestion des ressources publiques et d’accompagner les réformes des systèmes financiers. L’Organisation arabe pour le développement administratif et les institutions partenaires ont mis l’accent sur le partage des bonnes pratiques en matière de gouvernance et de transformation numérique.

Key points

  • Les pays arabes doivent évoluer vers des budgets axés sur les résultats et l’impact.
  • La réforme de la finance publique tunisienne repose sur une gestion moderne axée sur les résultats, la transparence et la redevabilité.
  • Le succès des finances publiques repose sur la confiance des citoyens et des institutions.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.