Les patients mauriciens sont confrontés à une double contrainte : des médicaments plus chers et parfois introuvables. En deux mois, le prix de certains traitements a bondi de plusieurs dizaines de roupies. Le Telma 40MG 10 est passé de Rs 108,20 en juin à Rs 170,28 en août, tandis que le Candesan Tabs 16MG 30 est passé de Rs 641,97 à Rs 696,09 sur la même période. Cette hausse des prix affecte les patients qui doivent parfois changer de traitement ou faire le tour des pharmacies pour trouver les médicaments dont ils ont besoin.
Les importateurs et les pharmaciens mettent en avant plusieurs facteurs qu’ils disent ne pas maîtriser, tels que les difficultés à s’approvisionner auprès des fabricants, l’envolée du coût du transport et la baisse de la roupie face au dollar et à l’euro. Le fret coûte deux à trois fois plus cher qu’il y a quelques mois, selon Siddique Khodabocus, de l’Association des petits et moyens importateurs de produits pharmaceutiques. La hausse est particulièrement importante pour le fret aérien.
La dépréciation continue de la roupie et le manque de devises sont également des facteurs qui contribuent à la hausse des prix et aux pénuries de médicaments. Les importateurs doivent passer des commandes en avance pour avoir la quantité de devises recherchée, explique Ashwin Dookun, président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM). Le « Regressive Mark-Up », introduit en 2023, est également critiqué pour ne pas empêcher la hausse des prix lorsque la roupie se déprécie face au dollar et à l’euro.
Les pharmacies sont également affectées par la hausse des prix et les pénuries de médicaments. Elles doivent acheter les produits plus cher et, dans certains cas, ne disposent pas des fonds nécessaires pour absorber immédiatement cette augmentation. Les prix de vente étant fixés par le ministère du Commerce sur la base des factures soumises, les pharmaciens disent ne pas pouvoir agir directement à leur niveau.
Certains pharmaciens tentent néanmoins de réduire la facture pour leurs clients en proposant des produits moins chers présentant les mêmes propriétés. Le président du Pharmacy Council, Nitin Kumar Busguth, situe le début de cette hausse à la pandémie de Covid-19, avec l’augmentation du fret et des autres coûts liés aux importations. Il met également en cause le « Regressive Mark-Up », estimant que le dispositif ne s’applique pas de la manière dont l’ancien gouvernement l’avait prévu.
La rupture de stock de 98 références de médicaments est un autre problème majeur. Les importateurs et les pharmaciens estiment que la difficulté d’obtenir suffisamment de devises et la dépréciation de la roupie sont des facteurs qui contribuent à ces ruptures. Le phénomène ne se limite pas aux pharmacies privées, les hôpitaux publics rencontrant également des difficultés, notamment pour certains médicaments contre le cancer.
L’importation parallèle est une solution qui pourrait être envisagée pour résoudre les problèmes d’approvisionnement. Siddique Khodabocus attend désormais de savoir quand le dispositif entrera effectivement en vigueur. À ses yeux, l’enjeu est de permettre à davantage d’importateurs d’accéder aux mêmes produits et, par la concurrence, de donner aux patients la possibilité de les acheter moins cher. Le gouvernement a annoncé dans son dernier budget son intention d’introduire l’importation parallèle.
Key points
- Hausse des prix de certains médicaments de plusieurs dizaines de roupies en deux mois
- 98 références de médicaments en rupture de stock à Maurice
- Importation parallèle envisagée pour résoudre les problèmes d’approvisionnement