Deux ans après la tenue du procès historique sur le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, les organisations de défense des droits de l'homme et les associations de victimes restent mobilisées pour que l'ensemble du processus judiciaire aille jusqu'à son terme. Les représentants de la société civile ont salué les avancées obtenues par la première décision de justice, tout en exprimant leurs vives inquiétudes quant à d'éventuels retards ou interruptions de la procédure.

Me Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et avocat à la Cour pénale internationale (CPI), a rappelé l'engagement de long terme de l'organisation dans ce dossier. Selon lui, la première mission de la FIDH était de demander une enquête indépendante, impartiale et approfondie. La décision rendue en première instance il y a deux ans a constitué une étape clef, mais la suite des événements suscite des interrogations parmi les parties civiles.

L'octroi d'une grâce présidentielle au principal condamné, Moussa Dadis Camara, alors même que les voies de recours ne sont pas épuisées, ainsi que l'attente prolongée du second degré de juridiction, accentuent l'inquiétude chez les victimes. Me Alexis Deswaef a martelé que les autorités doivent fixer la date d'audience en appel. Il a lancé un appel pressant pour que la procédure judiciaire soit menée à son terme.

La reconnaissance des victimes et la lutte contre l'impunité sont des enjeux fondamentaux dans cette affaire. Les organisations rappellent que la décision judiciaire attendue doit aller au-delà de la condamnation des auteurs des crimes. Il est question de reconnaître le statut des victimes et de leur attribuer des réparations justes et effectives.

Le président de la FIDH a souligné que la portée du jugement dépasse le cadre strict du dossier du 28 septembre. Ce procès est emblématique pour la lutte contre l'impunité, qui est l'une des priorités de la FIDH. La communauté internationale et la CPI suivent de près la gestion de cette affaire.

Le principe de complémentarité donne la priorité à la justice guinéenne pour juger les crimes les plus graves survenus sur son sol. Cependant, l'implication de la justice internationale reste possible si le processus national venait à faillir. Le bureau du Procureur de la CPI a instauré un dialogue avec les autorités guinéennes pour montrer le principe de subsidiarité et de complémentarité de la CPI.

Les événements du 28 septembre 2009 au stade de Conakry ont coûté la vie à au moins 156 personnes, tandis que des dizaines d'autres ont été portées disparues. Plus d'une centaine de femmes ont subi des viols et des violences sexuelles. Les parties civiles demandent désormais l'ouverture rapide des débats en appel afin de clore définitivement ce chapitre judiciaire.

Key points

  • La communauté internationale et la CPI suivent de près la gestion de cette affaire.
  • Les organisations de défense des droits de l'homme exigent la poursuite du procès du 28 septembre en Guinée.
  • La reconnaissance des victimes et la lutte contre l'impunité sont des enjeux fondamentaux dans cette affaire.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.