Des enquêtes ont documenté l'implication de navires chinois ou contrôlés par des intérêts chinois dans des pratiques de pêche illégale le long des côtes africaines, du Sénégal au golfe de Guinée. Les captures de juvéniles, les incursions dans les zones interdites et les débarquements échappant aux contrôles sont autant de pratiques qui portent atteinte à un secteur essentiel aux économies côtières et à la sécurité alimentaire.

L'identification des propriétaires réels de ces navires constitue un enjeu majeur. Selon une enquête de l'Environmental Justice Foundation (EJF) publiée en 2018, environ 90 % de la flotte industrielle de pêche au Ghana était liée à des intérêts chinois. Au Sénégal, un rapport de 2025 estime que 43,7 % des navires autorisés sont contrôlés par des intérêts étrangers, principalement chinois.

Les sociétés mixtes et les pavillons locaux compliquent l'identification des bénéficiaires réels. En Guinée, Greenpeace a observé 16 activités de pêche illégale impliquant 12 navires chinois ou détenus par des intérêts chinois entre octobre et novembre 2014. Des faits similaires ont été constatés au Ghana et au Sénégal, montrant que la situation perdure.

Les infractions sont documentées jusqu'aux ports. En juillet 2026, EJF a publié une enquête fondée sur des témoignages concernant l'aileronnage de requins à bord de thoniers appartenant à des intérêts chinois et taïwanais faisant escale à Dakar. L'ONG décrit des débarquements d'ailerons échappant aux contrôles portuaires.

Les pertes économiques causées par la pêche illégale sont considérables. Les pertes annuelles sont estimées à 70 millions de dollars au Nigeria et à 33 millions au Cameroun. Face à ces pertes, les États renforcent leur surveillance. Une opération nigériane a conduit à l'arrestation de 33 personnes, dont trois ressortissants chinois, à la fin d'août 2026.

Les États tentent de riposter en mettant en place des mesures pour protéger les recettes publiques, les emplois côtiers et l'approvisionnement des populations en poisson. La publication des propriétaires réels, le partage des licences et l'application des sanctions sont autant de mesures qui doivent être mises en œuvre.

Le recours à des sociétés-écrans locales pour immatriculer des chalutiers sous pavillon ghanéen et contourner les restrictions à la propriété étrangère est désormais un fait établi. La pêche illégale alimente ensuite un circuit commercial, les chalutiers capturent de petits poissons, notamment des juvéniles, puis les congèlent et les revendent aux communautés côtières.

Key points

  • Les navires chinois sont accusés de pêche illégale dans les eaux africaines.
  • La pêche illégale fragilise les économies côtières et la sécurité alimentaire.
  • Les États renforcent leur surveillance pour lutter contre la pêche illégale.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.