La France est actuellement considérée comme "l'homme malade de l'Europe" par les marchés internationaux en raison de sa situation financière dégradée. Les taux d'intérêt de la dette française ont bondi ces dernières semaines, suscitant l'inquiétude des investisseurs. Selon Lilia Peytavin, analyste de JP Morgan AM, les pays ayant les finances publiques les plus détériorées, comme la France, sont les plus sanctionnés par les marchés.

La perception de la France s'est progressivement dégradée depuis la dissolution de l'Assemblée nationale. L'envolée du déficit budgétaire, le blocage politique annoncé sur le budget 2027 et l'incertitude liée à l'élection présidentielle accroissent les doutes des investisseurs. Jochen Stanzl, analyste pour la banque allemande Consorsbank, souligne que la France a longtemps bénéficié de la taille de son économie, de sa solidité institutionnelle et de celle de la zone euro.

Les marchés s'inquiètent de la volonté et de la crédibilité politiques à réduire les déficits à moyen terme. La présidentielle de 2027 est déjà dans le viseur des investisseurs, qui craignent un "risque de surenchère politique" susceptible de gonfler encore les dépenses budgétaires. Le gestionnaire américain Vangard s'est inquiété dans le Financial Times de ce risque.

La montée dans les sondages du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et sa proposition d'annuler la partie de la dette détenue par la Banque de France font figure d'épouvantail pour les marchés. Les investisseurs semblent préférer la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, perçue comme un moindre mal.

La sanction de l'agence de notation Moody's, attendue le 23 octobre prochain, accentue la pression sur la France. Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin s'est inquiété du risque que la France soit "étranglée par les taux d'intérêt". Certaines banques et des acteurs institutionnels pourraient se positionner contre la dette française.

Fait rarissime, plusieurs sociétés du CAC 40 ont emprunté ces dernières semaines à un taux moins élevé que l'État français. LVMH et TotalEnergies ont profité de conditions de financement plus favorables que la France. La situation est toutefois loin d'être comparable à la crise grecque, selon Nicolas Forest, directeur des investissements de Candriam.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a assuré qu'il n'avait "aucun problème" pour placer la dette française sur les marchés. La dernière émission de Bercy a suscité deux fois plus de demande que d'offre pour 6 milliards d'euros de titres. La candidate Marine Le Pen a promis de réduire le déficit budgétaire et de revenir sous les 3% du PIB dès 2030.

Key points

  • La France est considérée comme "l'homme malade de l'Europe" en raison de sa dette élevée et de son déficit budgétaire.
  • Les marchés s'inquiètent de la volonté et de la crédibilité politiques à réduire les déficits à moyen terme.
  • La présidentielle de 2027 est déjà dans le viseur des investisseurs, qui craignent un "risque de surenchère politique".

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.