La gestion communautaire des ouvrages hydrauliques à Thilogne, dans l'arrondissement d'Agnam Civol, département et région de Matam, au Sénégal, montre ses limites. Le président du comité ad hoc, Aboubacry Kane, a dressé un bilan préoccupant de l'exploitation des forages, marqué par le poids des factures d'électricité, les impayés et l'insuffisance des moyens techniques et financiers.

Le comité est confronté à des difficultés financières importantes. Sur un montant de 1,6 million de francs CFA disponible en caisse, 1,2 million doit être consacré au règlement de la facture d'électricité de la Société nationale d'électricité du Sénégal (SENELEC). Cette dépense absorbe ainsi l'essentiel des ressources disponibles, alors que plusieurs prestataires, notamment les conducteurs, les releveurs et les plombiers, attendent encore le paiement de leurs prestations.

À ces contraintes financières s'ajoutent des difficultés techniques liées à l'entretien et à la réparation des équipements d'exploitation, notamment les pompes, les groupes électrogènes, les colonnes et les armoires de commande. Faute de compétences spécialisées et de budget suffisant, le comité peine à assurer durablement le fonctionnement des installations.

Face à cette situation, le président du comité a plaidé pour le transfert de la gestion des ouvrages à la Sénégalaise des eaux rurales (SDER). Il a lancé un appel aux autorités administratives, aux services techniques et aux élus locaux présents à la rencontre, pour que la SDER prenne en charge la gestion des forages de Thilogne.

Des divergences existent autour de la réforme de l'hydraulique rurale. Le maire de Thilogne, Mamadou Elimane Kane, s'est prononcé contre la réforme de l'hydraulique rurale, tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par le dispositif actuel. Il a notamment défendu le maintien d'une gestion communautaire des forages, en association avec une structure de développement locale, avec la perspective d'un programme de solarisation des installations.

Le chef de la Division patrimoine et gestion transitoire de l'Office des forages ruraux (OFOR), Ibrahima Diallo, a mis en avant les objectifs de la réforme, notamment l'amélioration de la continuité du service public de l'eau potable et le renforcement des capacités de gestion des ouvrages. Il a également rappelé que l'État poursuit ses investissements dans le secteur à travers la réalisation de nouveaux forages, de châteaux d'eau, de réseaux de distribution et de branchements sociaux.

La SDER est chargée de l'exploitation de plus de 800 forages dans les régions de Matam, Saint-Louis et Louga. Elle est appelée à assurer une meilleure qualité du service dans son périmètre d'intervention, notamment en matière d'accueil et de prise en charge des préoccupations des usagers, de traitement de l'eau distribuée et de réparation des pannes et des fuites dans un délai maximal de 48 heures.

Key points

  • La gestion communautaire des ouvrages hydrauliques à Thilogne montre ses limites.
  • Le transfert de la gestion des ouvrages à la SDER est une solution possible.
  • La réforme de l'hydraulique rurale est une politique de l'État.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.