Au Mali, de nombreuses jeunes filles sont confrontées à des difficultés scolaires après une grossesse. Sanata, 17 ans, avait interrompu ses études après être tombée enceinte. Elle affirme avoir vécu dans la peur et la honte, l'empêchant de se concentrer sur les cours. Après l'accouchement, elle a été rejetée par sa famille et abandonnée par le père de l'enfant, ce qui l'a empêchée de reprendre ses études.
Aminata, 16 ans, a également dû abandonner ses études pour se tourner vers la formation professionnelle après être tombée enceinte. Contrairement à Sanata, elle a été soutenue par sa famille maternelle, mais elle a eu du mal à se concentrer sur sa formation en raison de la responsabilité de son enfant. Ramata Coulibaly, une autre jeune fille, a réussi à poursuivre ses études malgré sa grossesse et a obtenu une licence.
Les politiques éducatives au Mali visent à favoriser l'accès et le maintien des filles à l'école. Le Programme décennal de développement de l'éducation (PRODEC) et le PRODEC 2 ont renforcé cette orientation, avec l'appui de partenaires techniques et financiers comme l'UNICEF et l'UNFPA. L'UNICEF accompagne le gouvernement dans la réinsertion des enfants déscolarisés, en portant une attention particulière aux filles et aux enfants vulnérables.
Malgré ces efforts, les grossesses précoces restent un défi pour l'éducation des filles au Mali. Selon l'Institut national des statistiques (INSTAT) et l'UNICEF, 13,7 % des filles ayant quitté l'école au second cycle de l'enseignement fondamental déclaraient la grossesse comme raison de leur non-fréquentation en 2015. Bankali Konaté, enseignant, estime que les grossesses en milieu scolaire sont particulièrement fréquentes au niveau secondaire.
Les conséquences des grossesses précoces sur la scolarité des filles sont lourdes. Selon Bankali Konaté, la grossesse et l'accouchement entraînent une interruption de la scolarité, ce qui peut faire perdre une ou plusieurs années d'études. La situation est encore plus complexe lorsque la famille ne dispose pas de moyens suffisants pour soutenir la jeune fille.
Certains établissements scolaires tentent de soutenir les jeunes filles enceintes ou mères. Le lycée Aminata Diop a mis en place un système de soutien pour les élèves enceintes ou jeunes mères, leur permettant de suivre les cours à leur rythme. Le promoteur du complexe scolaire Abdoul Karim Konaté a également décidé de maintenir une élève enceinte dans l'établissement pour qu'elle puisse passer son examen.
Key points
- Les grossesses précoces perturbent la scolarité de nombreuses filles au Mali.
- Les politiques éducatives visent à favoriser l'accès et le maintien des filles à l'école.
- Les conséquences des grossesses précoces sur la scolarité des filles sont lourdes et peuvent entraîner une interruption de la scolarité.