Les femmes ivoiriennes sont de plus en plus présentes dans les différents métiers artistiques en Côte d'Ivoire, mais leur parcours est semé d'obstacles. Préjugés liés au genre, responsabilités familiales, difficultés de financement, manque de visibilité et accès inégal aux opportunités sont autant de défis qu'elles rencontrent. Malgré ces difficultés, certaines artistes ivoiriennes ont réussi à se faire une place dans des domaines tels que le slam, le conte, le rap et les arts visuels.

Noferima Fofana, la poétesse slameuse ivoirienne et championne du monde de slam 2024, est l'une de ces artistes qui ont réussi à surmonter les obstacles. Elle a découvert le slam par une quête personnelle et a appris à s'exprimer de manière différente. Cependant, elle a également rencontré des difficultés liées à son sexe, notamment la sexualisation rapide de son image. Pour elle, le slam est un puissant moyen de dénoncer les discriminations et de valoriser la femme.

Le conte est également un espace d'affirmation pour de nouvelles figures féminines en Côte d'Ivoire. Kouadio Affouet Flor, alias Flopy Mendosa, est une conteuse professionnelle depuis 2013 et a déjà effectué plus de 350 représentations en Europe. Selon elle, les femmes ont toute leur place dans cette discipline, même si elles demeurent minoritaires. Elle estime que le leadership féminin dans le conte repose sur le talent, la formation et la persévérance.

Dans le rap ivoirien, les femmes sont également de plus en plus présentes, mais elles rencontrent des difficultés liées aux stéréotypes de genre. Sonloué Neammin Flora Natacha, connue sous le nom de scène Nash, a dénoncé les préjugés liés à la place de la femme dans le rap. Elle regrette que les attentes des producteurs et du public puissent détourner l'attention de leur talent et de leur travail. Cependant, elle constate une progression du rap féminin en Côte d'Ivoire et appelle à renforcer les moyens financiers, matériels et techniques pour aider les artistes à construire leur carrière.

La kora est un instrument de musique traditionnelle ivoirienne qui se féminise de plus en plus. Yapo Esther Narcile Emmanuelle, connue sous le nom d'artiste Narcile Kora, a appris à jouer de la kora grâce à sa mère et à la légende Toumani Diabaté. Elle a rencontré peu de difficultés pour s'initier à cet instrument, mais elle déplore les préjugés de certaines personnes qui considèrent encore son métier comme facile ou peu professionnel.

Dans les arts visuels, les préjugés demeurent également une réalité pour les femmes ivoiriennes. Ayekoe Samira, connue sous le pseudonyme de Mira Faveur, Génie créatif, estime que le principal défi rencontré par les femmes est de se sentir moins qu'un homme. Selon elle, l'idée selon laquelle la créativité serait davantage associée aux hommes reste présente. Elle déplore que la visibilité sur le marché de l'art reste souvent inégale pour les femmes.

Malgré ces difficultés, les femmes ivoiriennes continuent de prendre leur place dans les métiers artistiques et de lutter contre les préjugés et les obstacles. Les artistes interviewées par l'AIP ont souligné l'importance de la détermination, de la passion et de la persévérance pour réussir dans leur domaine. Elles ont également appelé à renforcer les moyens financiers, matériels et techniques pour aider les artistes à construire leur carrière et à promouvoir la culture ivoirienne.

Key points

  • Les femmes ivoiriennes rencontrent des difficultés liées aux préjugés de genre, aux responsabilités familiales et aux difficultés de financement dans les métiers artistiques.
  • Les artistes ivoiriennes ont réussi à se faire une place dans des domaines tels que le slam, le conte, le rap et les arts visuels.
  • Les femmes ivoiriennes dans les arts appellent à renforcer les moyens financiers, matériels et techniques pour aider les artistes à construire leur carrière.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.