Les coupures d'électricité à Kinshasa s'expliquent notamment par l'arrêt du groupe G25 et la baisse du niveau des eaux, selon le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba. Cette situation entraîne l'arrêt de certaines machines, particulièrement sensibles pour un système électrique largement dépendant de l'hydroélectricité. Le phénomène affecte la capacité de production disponible, obligeant les ménages et les entreprises à adapter leurs activités aux rares plages d'alimentation.

Le groupe G25, remis en service en novembre 2025 et ayant permis de réinjecter près de 193 MW sur le réseau, est actuellement à l'arrêt pour des opérations de contrôle technique. Cette indisponibilité intervient alors que la demande demeure élevée dans la capitale. Entre le 11 juin et le 15 juillet, la SNEL avait atteint un pic d'injection de 700 MW dans le réseau de Kinshasa. Désormais, la puissance disponible oscille entre 390 et 450 MW.

Pour soutenir momentanément la desserte résidentielle, environ 50 MW sont prélevés chaque soir sur le secteur industriel, a indiqué Teddy Lwamba. La conséquence se mesure directement dans les quartiers, où les horaires de desserte deviennent irréguliers. Les rotations peuvent conduire à de longues périodes de délestage, affectant les activités économiques et la vie quotidienne.

La SNEL mise sur une solution inhabituelle en RDC : une centrale électrique flottante de 134 MW. Le projet est développé avec Karpowership, spécialisée dans les centrales flottantes. La SNEL a annoncé que cette capacité doit être installée à Matadi afin de renforcer l'alimentation du réseau et, à terme, contribuer à améliorer la desserte de Kinshasa.

Le déficit énergétique n'est pas le seul problème exposé par le DG de la SNEL. L'entreprise doit également composer avec une situation financière qu'il juge difficile. Teddy Lwamba pointe notamment les factures impayées de l'État, qui représenteraient 25 % de la consommation électrique. Les instances officielles ne paient pas, a-t-il affirmé, appelant à corriger cette incohérence institutionnelle.

La SNEL défend une réponse à plusieurs niveaux : restaurer les capacités momentanément indisponibles, renforcer la production, lutter contre la fraude et améliorer le recouvrement. Le bateau-centrale de 134 MW apparaît ainsi comme une réponse immédiate au déficit actuel, tandis que la question du financement du secteur reste entière.

La SNEL plaide notamment pour un mécanisme de soutien public permettant à l'entreprise d'assumer ses obligations de service public tout en fonctionnant comme une société commerciale. En attendant, les Kinois restent suspendus au réseau électrique. Entre l'eau qui baisse, les machines qui s'arrêtent et les capacités qui manquent, la SNEL cherche désormais du courant jusque sur le fleuve pour éclairer Kinshasa.

Key points

  • La SNEL mise sur une centrale électrique flottante de 134 MW pour renforcer l'offre énergétique de Kinshasa.
  • Les factures impayées de l'État représenteraient 25 % de la consommation électrique.
  • La SNEL plaide pour un mécanisme de soutien public pour assumer ses obligations de service public.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.