Le tourisme international continue de progresser, mais à un rythme nettement plus modéré qu'auparavant. Selon le dernier Baromètre du tourisme mondial d'ONU Tourisme, 690 millions de touristes internationaux ont voyagé durant les six premiers mois de 2026, soit environ trois millions de plus qu'au premier semestre de l'année précédente. Cette progression se limite à 0,4% en rythme annuel. L'évolution des arrivées mondiales masque toutefois des mouvements différents selon les périodes.
Les arrivées internationales ont progressé de 2% au premier trimestre avant de reculer de 1% au deuxième trimestre. Le mois d'avril a notamment enregistré une baisse de 3%, en partie en raison du décalage du calendrier des vacances de Pâques, mais aussi des conséquences des tensions au Moyen-Orient. Le ralentissement s'est poursuivi en juin, avec un recul mondial de 3%. L'Europe occidentale a notamment enregistré une baisse de 6%, dans un contexte marqué également par une forte vague de chaleur dans certaines destinations.
L'Afrique figure parmi les régions ayant enregistré les meilleures performances au premier semestre. Les arrivées touristiques y ont progressé de 4%, devant l'Europe, qui affiche une hausse de 3%, et les Amériques, avec une progression de 2%. La situation est beaucoup plus contrastée en Asie-Pacifique. Les arrivées y ont augmenté de 1% sur les six premiers mois de l'année, mais restent encore inférieures de 11% au niveau enregistré en 2019.
La connectivité aérienne, le prix des billets et l'incertitude continuent notamment de peser sur la demande intra-régionale. Dans cette vaste région, l'Asie du Nord-Est affiche une progression de 3%. À l'inverse, l'Asie du Sud recule de 5% et l'Asie du Sud-Est de 1%. Le Moyen-Orient constitue, pour sa part, la principale zone de recul, avec une diminution de 22% des arrivées au premier semestre.
Les tensions au Moyen-Orient constituent l'un des principaux éléments expliquant le changement de rythme du tourisme international. Depuis le début du mois de mars, leurs effets se sont propagés au-delà des pays directement concernés, notamment à travers les perturbations du transport aérien et les répercussions sur les prix de l'énergie. La situation s'est toutefois progressivement améliorée en mai et juin, après l'annonce d'un cessez-le-feu.
Plusieurs liaisons aériennes ont ainsi pu reprendre, tandis que la confiance des voyageurs s'est partiellement redressée, même de manière inégale selon les marchés. Pour ONU Tourisme, cette situation illustre la vulnérabilité d'un secteur fortement dépendant de la mobilité internationale. La progression du tourisme se poursuit donc, mais dans un environnement où les crises géopolitiques peuvent rapidement affecter les flux de voyageurs, les dessertes aériennes et les coûts de déplacement.
Les perspectives pour l'ensemble de l'année ont été revues à la baisse. Alors qu'ONU Tourisme anticipait en janvier une progression comprise entre 3 et 4% des arrivées internationales en 2026, l'organisation table désormais sur une croissance comprise entre 1 et 2%. Cette nouvelle prévision reste toutefois conditionnée à l'évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, mais également à celle des prix du pétrole et de l'inflation.
Key points
- Les arrivées mondiales n'ont augmenté que de 0,4% au premier semestre 2026.
- L'Afrique figure parmi les régions ayant enregistré les meilleures performances au premier semestre.
- Les perspectives pour l'ensemble de l'année ont été revues à la baisse, avec une croissance comprise entre 1 et 2%.