La campagne agricole 2026 au Tchad est marquée par une pluviométrie irrégulière et déficitaire dans plusieurs régions. Cette situation fait craindre une baisse des rendements agricoles et des difficultés pour le secteur de l'élevage. Les régions sahéliennes sont particulièrement touchées, avec des pluies rares, courtes et insuffisantes, favorisant un assèchement précoce des sols et l'apparition de poches de sécheresse.

Selon Dr Hisseine Mahamat Allamine, spécialiste en irrigation et enseignant-chercheur à l'École nationale supérieure des travaux publics, le développement de l'agriculture irriguée constitue une réponse importante pour réduire la dépendance du pays aux précipitations. Il souligne que la campagne agricole 2026 se caractérise par un retard dans l'installation des pluies et une faible fréquence des précipitations, particulièrement durant les mois de juillet et août.

Le déficit pluviométrique peut provoquer un stress hydrique au cours des phases critiques de développement des cultures, notamment pour le mil, le sorgho et le maïs. Dans la zone soudanienne, la situation hydrique est également contrastée, après des campagnes 2024 et 2025 marquées par des conditions globalement humides à excédentaires à l'échelle du Sahel.

L'élevage est également exposé aux effets du déficit pluviométrique, avec une disponibilité limitée de l'eau affectant les activités pastorales. La faiblesse des précipitations ralentit la régénération des pâturages et accélère l'assèchement des points d'eau, entraînant une augmentation des dépenses liées à l'entretien du bétail et des ventes précoces d'animaux.

Plusieurs facteurs expliquent l'irrégularité des pluies, notamment les anomalies de la mousson et du Front intertropical, le changement climatique, le réchauffement des océans et la dégradation de l'environnement. Dr Hisseine Mahamat Allamine souligne que le Tchad dispose pourtant d'importantes ressources en eau pouvant être mobilisées pour développer l'irrigation.

Le spécialiste identifie trois grands espaces où les efforts pourraient être davantage concentrés : la zone soudanienne, où le développement de la riziculture est préconisé ; la bande sahélienne, où la priorité pourrait être accordée à la gestion des eaux de ruissellement et au développement du maraîchage ; et la province du Lac, où la réhabilitation des polders pourrait contribuer à renforcer les capacités de production agricole.

Pour Dr Hisseine Mahamat Allamine, l'enjeu est de passer progressivement d'une agriculture fortement tributaire des précipitations à une agriculture davantage maîtrisée grâce à la mobilisation et à la gestion des ressources en eau. Le développement de l'irrigation permettrait ainsi de stabiliser la production agricole et de réduire la dépendance aux précipitations.

Key points

  • Le Tchad cherche à développer l'agriculture irriguée pour réduire sa dépendance à la pluie.
  • La campagne agricole 2026 est marquée par une pluviométrie irrégulière et déficitaire dans plusieurs régions.
  • Le développement de l'irrigation est crucial pour stabiliser la production agricole et réduire la dépendance aux précipitations.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.