Les coupures d'électricité sont devenues une partie intégrante du quotidien de nombreux ménages tchadiens. Les réfrigérateurs sont débranchés, les télévisions éteintes et les activités domestiques sont ralenties. Les interruptions d'électricité peuvent durer des jours, voire des semaines, dans plusieurs quartiers de N'Djaména. Les habitants sont contraints de composer avec la chaleur, l'obscurité et l'incertitude.

Selon Paul Mbatna, spécialiste de l'énergie, ces délestages ne sont plus des incidents ponctuels, mais font partie du quotidien. Les coupures touchent aussi bien les foyers que les commerces, les petites entreprises et les unités industrielles. L'état du réseau électrique est l'une des causes de cette crise, notamment l'absence de rénovation et d'adaptation des infrastructures de transport et de distribution de la capitale.

Le réseau électrique de N'Djaména n'a pas été revisité depuis plusieurs années, malgré l'extension de la ville et l'apparition de nouveaux quartiers périphériques. Les extensions se font à partir du cœur historique de la ville, ce qui surcharge des installations vieillissantes. Paul Mbatna estime qu'il faut à la fois remplacer les équipements obsolètes et repenser l'extension du réseau pour répondre à la croissance démographique et urbaine.

Au-delà de la technique, Paul Mbatna souligne un problème organisationnel. La société nationale passe une grande partie de son temps à gérer les urgences et les pannes du quotidien, au détriment de la planification à moyen et long terme. La multiplication des coupures résulte en grande partie de cette absence de projection. Les conséquences sont immédiates pour les entrepreneurs, qui voient leurs activités perturbées et leurs pertes se chiffrer en milliards.

L'énergie électrique apparaît ainsi comme un besoin transversal, essentiel pour le développement du pays. Face à la faiblesse du réseau public, le solaire s'est imposé dans de nombreux foyers comme une solution de secours, voire comme une alternative progressive. Panneaux, batteries et onduleurs permettent à certains ménages de conserver la lumière, la ventilation, le froid et une partie de leurs activités, même lorsque le courant public disparaît.

Paul Mbatna refuse toutefois de présenter le solaire comme un simple produit de l'échec du réseau public. Pour lui, il s'agit d'une source d'énergie à part entière, désormais mature, particulièrement adaptée au contexte tchadien grâce à un ensoleillement abondant. Le solaire ne vient pas remplacer l'électricité publique, mais vient en additif, réduisant la dépendance des ménages au réseau public.

Le principal obstacle reste le coût. Une installation solaire complète représente un investissement important, souvent hors de portée pour les ménages les plus modestes. La solution la plus réaliste semble donc être un mélange : un réseau public renforcé, davantage de production disponible, des investissements dans la distribution, et le développement encadré du solaire pour les ménages, les commerces et les zones difficiles à raccorder.

Key points

  • Le solaire peut réduire la dépendance des ménages au réseau public d'électricité.
  • Le coût d'une installation solaire reste un obstacle pour les ménages modestes.
  • Une solution complémentaire est proposée : un réseau public renforcé et le développement du solaire.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.