Le 18 octobre 2026, quatre techniciens de l'aviation salvadoriens ont disparu après une attaque armée dans la commune de Croix-des-Bouquets, en périphérie de Port-au-Prince. Les autorités haïtiennes et salvadoriennes ont confirmé que les quatre hommes se trouvaient dans un véhicule blindé pris pour cible par des groupes armés. Depuis, leur sort reste incertain. Aucun groupe armé n'a revendiqué l'attaque ni confirmé les détenir. Cette disparition a déclenché une réaction du président salvadorien, Nayib Bukele, qui a annoncé le lancement d'une opération militaire pour retrouver ses compatriotes.

Le président salvadorien a adressé un avertissement aux gangs haïtiens, exigeant que les quatre hommes soient rendus "vivants et indemnes". Nayib Bukele a prévenu que l'attaque "n'est rien comparée à ce qui s'annonce" si les techniciens ne sont pas retrouvés. Le dirigeant a menacé d'une intervention plus importante si les techniciens ne sont pas retrouvés. Le 27 octobre, environ 1 000 soldats salvadoriens ont été déployés dans le pays. Deux jours plus tard, l'effectif a atteint environ 2 000 hommes. Le gouvernement salvadorien affirme prendre en charge 90 % des dépenses de l'opération.

Le déploiement des soldats salvadoriens intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile en Haïti. Les gangs armés étendent leur influence, notamment dans la capitale et ses environs. Leurs activités comprennent les enlèvements, les extorsions, les massacres et les violences sexuelles. Selon les données des Nations unies, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences ces dernières années. Le Salvador intervient dans le cadre de la Force de répression des gangs, connue sous son sigle anglais GSF.

La Force de répression des gangs est une force multinationale, soutenue par l'ONU, qui a été mise en place pour aider les autorités haïtiennes à combattre les groupes armés. Le Conseil de sécurité des Nations unies a accordé une prolongation de mandat jusqu'en mars 2027. Toutefois, son déploiement reste inférieur aux effectifs initialement prévus. Alors que l'objectif des Nations unies était de mobiliser jusqu'à 5 550 personnels de sécurité, la force ne comptait qu'un peu plus de 2 000 membres sur le terrain.

Le président salvadorien a choisi de s'adresser directement à la population haïtienne pour expliquer les objectifs de son intervention. Nayib Bukele a assuré que "ce n'est pas une opération contre le peuple haïtien ni une invasion d'Haïti". Il a ajouté que son pays n'a "aucun intérêt à venir dominer le peuple haïtien ni à mettre la main sur les richesses d'Haïti". Le chef de l'État a présenté deux objectifs à son intervention : retrouver les quatre techniciens disparus et combattre les gangs responsables des violences.

Le Premier ministre de transition haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, s'est entretenu par téléphone avec Nayib Bukele le 28 octobre 2026. Les deux dirigeants ont "réaffirmé leur engagement à renforcer la coordination bilatérale et la coopération opérationnelle" pour répondre aux défis sécuritaires. Les discussions ont notamment porté sur le déploiement des militaires salvadoriens et les opérations destinées à retrouver les quatre techniciens disparus.

Le gouvernement haïtien a précisé que l'intervention s'inscrit dans le cadre de la Force de répression des gangs. Dès le 21 octobre, après l'annonce de l'opération de secours par Bukele, les autorités haïtiennes avaient qualifié la libération des quatre hommes de "priorité absolue". Elles avaient également annoncé la mobilisation des ressources nécessaires et une collaboration étroite avec la force internationale.

Key points

  • Le Salvador a déployé environ 2 000 soldats en Haïti pour combattre les gangs et retrouver quatre techniciens disparus.
  • L'intervention salvadorienne s'inscrit dans le cadre de la Force de répression des gangs, une force multinationale soutenue par l'ONU.
  • Le président salvadorien, Nayib Bukele, a assuré que son intervention n'est pas une invasion d'Haïti, mais vise à combattre les gangs responsables des violences.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.