Depuis deux décennies, la Russie affiche un intérêt croissant pour l'Afrique, un retour aux sources puisque Moscou a soutenu plusieurs mouvements de libération et formé des cadres africains durant l'ère soviétique. L'historien Constantin Katsakioris a recensé plus de 43 000 diplômés des universités soviétiques pour la seule Afrique subsaharienne jusqu'en 1991. Le Cameroun fait partie de cette histoire avec des relations diplomatiques avec Moscou datant de février 1964.

Le Cameroun compte environ 2 000 compatriotes formés en Russie, selon la partie russe. Cependant, les relations ont connu une rupture à partir de 1991, la Russie se concentrant sur ses propres difficultés. La réouverture de son ambassade à Ouagadougou en décembre 2023 marque un tournant. Le retour de la Russie en Afrique commence réellement en 2006 avec la visite du président Poutine en Algérie.

Les relations entre Moscou et les capitales occidentales se sont dégradées en 2014 et 2022, donnant plus de valeur aux partenaires du Sud. L'Afrique, avec 54 des 193 États membres des Nations unies et l'Union africaine siégeant au G20 depuis 2023, pèse plus lourd qu'hier. Les États africains souhaitent diversifier leurs partenaires sans choisir de camp.

Le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique s'élève à près de 16 680 milliards de F. Pour accroître ce volume et équilibrer ces échanges, il faut actionner plusieurs leviers. La Russie a vendu au Cameroun pour 137 millions de dollars de produits agricoles en 2021, presque uniquement du blé, et en a acheté pour 1,7 million.

Un signal positif est à relever : entre 2024 et 2025, les achats russes en Afrique sont passés de 3,5 à 4,4 milliards de dollars, soit une hausse d'un quart, pendant que les ventes russes reculaient. Le déséquilibre a peut-être commencé à se réduire. La question est de savoir comment accélérer ce mouvement.

Le cacao est un produit que le Cameroun connaît bien et pourrait exporter vers la Russie. La Russie a exporté près d'un milliard de dollars de chocolat en 2025 et importe des fèves, principalement de Côte d'Ivoire et d'Équateur. Les produits agricoles africains couvrent à peine 8 % des besoins d'importation agricole de la Russie.

Pour conquérir le marché russe, les produits africains doivent pouvoir voyager. Des opérateurs russes ont annoncé une ligne entre Novorossiisk et Lagos en 2025. Les ports de Douala et de Kribi auraient intérêt à entrer dans ce type de schéma. Le dernier levier est l'investissement productif sur le continent, avec la zone industrielle russe prévue en Égypte, près du canal de Suez.

Key points

  • Le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique s'élève à près de 16 680 milliards de F.
  • La Russie a vendu au Cameroun pour 137 millions de dollars de produits agricoles en 2021.
  • Les achats russes en Afrique sont passés de 3,5 à 4,4 milliards de dollars entre 2024 et 2025.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.