Le ministère de la Justice du Sénégal a annoncé son intention de renforcer l'éducation et la formation professionnelle en milieu carcéral. Le garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a déclaré que la privation de liberté ne doit pas signifier la privation du savoir. Cette initiative vise à faire de la détention un temps d'apprentissage et de préparation au retour dans la société.

Le ministère de la Justice va engager des discussions avec les départements chargés de l'Enseignement supérieur et de l'Éducation nationale pour faciliter la poursuite d'études universitaires aux détenus titulaires du baccalauréat. Le ministre a également évoqué les dispositifs de formation professionnelle et les activités productives déjà développés par l'administration pénitentiaire.

Parmi les initiatives déjà mises en place, figurent deux boulangeries de la réinsertion, une unité de production laitière, un centre de formation industrielle, un garage mécanique et des ateliers de couture. Des terres situées dans le nord du pays ont été mises à la disposition de la Direction générale de l'administration pénitentiaire pour développer la riziculture.

Le projet de riziculture est destiné à assurer une formation agricole aux détenus et à leur offrir des perspectives d'emploi après leur libération. Le Premier ministre a autorisé, au titre de l'année 2026, le recrutement de 418 agents pour renforcer les effectifs de l'administration pénitentiaire.

Le ministre a invité les magistrats à recourir davantage aux mécanismes d'aménagement des peines et aux alternatives à l'emprisonnement lorsque les conditions légales sont réunies. Il a notamment cité la libération conditionnelle, le placement sous surveillance électronique et les travaux d'intérêt général.

La conférence régionale consacrée à la réinsertion sociale et à l'accompagnement avant et après la sortie de prison a réuni des experts du Sénégal, de l'Allemagne, du Maroc, de la Tunisie et de l'Algérie. La secrétaire d'État au ministère fédéral allemand de la Justice et de la Protection des consommateurs a insisté sur la nécessité d'un accompagnement structuré avant et après la libération.

La réinsertion constitue une responsabilité collective impliquant les pouvoirs publics, les services sociaux, les employeurs et les organisations de la société civile. Le directeur de l'École nationale d'administration pénitentiaire a souligné que la réinsertion devait être préparée dès l'entrée en détention, notamment par l'accès à l'éducation, à la formation professionnelle, au travail et aux soins.

Key points

  • Le Sénégal veut renforcer l’éducation et la formation professionnelle en milieu carcéral pour faciliter la réinsertion sociale des détenus.
  • Le ministère de la Justice va engager des discussions avec les départements chargés de l'Enseignement supérieur et de l'Éducation nationale.
  • La réinsertion constitue une responsabilité collective impliquant les pouvoirs publics, les services sociaux, les employeurs et les organisations de la société civile.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.