Le président yéménite, Rachad al Alimi, a annoncé hier le lancement d'une vaste opération militaire contre les rebelles houthis visant à reprendre le contrôle des territoires qu'ils occupent. Dans une allocution télévisée, il a déclaré : « Aujourd'hui, j'annonce le lancement d'opérations militaires visant à reprendre le reste du territoire de la République et à étendre l'autorité de l'Etat et de ses institutions à l'ensemble du territoire national ». Cette annonce intervient après l'épuisement de toutes les possibilités de désescalade, selon le président yéménite.
Les Houthis ont annoncé hier avoir lancé des drones et des missiles balistiques sur des sites d'Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l'Arabie saoudite, dans les régions de Riyad et de Khurais. Ces attaques ont provoqué de gigantesques incendies et sont considérées comme des représailles contre 50 frappes menées contre le Yémen au cours des 12 dernières heures par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, a indiqué que des « avions ennemis » avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa.
L'armée régulière yéménite a revendiqué hier des frappes dévastatrices contre des cibles vitales de la milice terroriste houthie à Sanaa et Saada. Les hostilités entre les Houthis d'une part et l'Arabie saoudite et le gouvernement yéménite internationalement reconnu d'autre part ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet. Cette reprise a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient et a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes.
La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU. Les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa, ont lancé plusieurs attaques contre l'Arabie saoudite et en mer Rouge depuis leur annonce en juillet dernier d'un blocus maritime des ports saoudiens.
Les appels de Riyad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l'instant été infructueux. Le site d'information américain Axios a fait état d'une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l'Iran et la situation au Yémen. Les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas.
Des responsables régionaux et occidentaux ont dit il y a quelques jours à Reuters que l'Arabie saoudite et ses alliés yéménites prévoyaient cette offensive contre les Houthis, les Saoudiens s'occupant des combats aériens et les forces yéménites combattant au sol. Le président yéménite a ordonné aux forces armées, aux forces de sécurité et à toutes les formations militaires de commencer à exécuter les missions qui leur ont été confiées, conformément aux plans approuvés.
La reprise du conflit au Yémen pourrait redessiner le paysage politique, avec des répercussions sur les voies maritimes de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, autre axe vital pour le transport maritime mondial d'hydrocarbures. Une trêve conclue sous l'égide des Nations unies entre les parties belligérantes en 2022 a globalement tenu jusqu'à cette année, quand les Houthis ont commencé à lancer des attaques contre le transport maritime et les infrastructures pétrolières saoudiennes.
Key points
- Le président yéménite, Rachad al Alimi, a annoncé une vaste opération militaire contre les rebelles houthis pour reprendre le contrôle des territoires qu'ils occupent.
- Les Houthis ont lancé des drones et des missiles balistiques sur des sites d'Aramco dans les régions de Riyad et de Khurais en représailles aux frappes menées contre le Yémen.
- La crise de la faim au Yémen menace de devenir « absolument dévastatrice », selon le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.