Le président du Kenya, William Ruto, a récemment pris la parole devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York pour dénoncer les difficultés financières auxquelles sont confrontés les pays en développement. Selon lui, les taux d'intérêt élevés auxquels ces pays empruntent entravent leur développement, notamment dans des domaines tels que l'éducation, la santé et les infrastructures. Ruto a souligné que les pays en développement supportent un fardeau de dette disproportionné par rapport à leur richesse.
Les chiffres avancés par Ruto illustrent l'ampleur du problème. La dette publique mondiale a atteint un niveau record de 102 000 milliards de dollars en 2024. Bien que les pays en développement ne représentent qu'une petite partie de cette dette, ils ont payé environ 1 000 milliards de dollars d'intérêts cette même année. Selon la CNUCED, le montant plus précis des paiements nets d'intérêts sur la dette publique des pays en développement en 2024 est estimé à 921 milliards de dollars.
Les conséquences de ces taux d'intérêt élevés sont graves. Ruto a affirmé que 46 pays en développement dépensent davantage en intérêts que pour la santé ou l'éducation, affectant ainsi les services essentiels pour leurs populations. Ces pays comptent 3,4 milliards de personnes. De plus, les pays en développement empruntent à des taux deux à quatre fois supérieurs en moyenne à ceux des pays développés, ce qui aggrave leur situation financière déjà précaire.
Le président kenyan a également souligné l'impact de la subjectivité dans les notations souveraines pour les pays africains. Selon lui, cela entraîne un coût estimé à 75 milliards de dollars, sous forme d'intérêts excessifs et de financements non obtenus. Cette situation est d'autant plus préoccupante que 251 millions d'enfants et de jeunes sont déscolarisés dans le monde, et que l'éducation est essentielle pour le développement à long terme des pays.
Le Kenya, à titre d'exemple, a investi 5,3 milliards de dollars supplémentaires dans l'éducation au cours des quatre dernières années. Ruto a utilisé cette occasion pour mettre en lumière les inégalités au sein des institutions internationales et du système financier mondial. Il a plaidé pour une réforme de ces institutions afin qu'elles soient plus équitables et plus justes pour les pays en développement.
La dénonciation par Ruto du système financier mondial actuel est loin d'être isolée. De nombreux pays en développement partagent les mêmes préoccupations et réclament une réforme du système pour qu'il soit plus équitable. La question de la dette et des taux d'intérêt est au cœur de ces discussions, car elle a un impact direct sur la capacité des pays à financer leurs priorités de développement.
En conclusion, le discours de William Ruto à l'ONU met en lumière les défis financiers auxquels sont confrontés les pays en développement. Les taux d'intérêt élevés et la dette publique mondiale record entravent le développement de ces pays, affectant les services essentiels et les populations. La communauté internationale est appelée à prendre en compte ces préoccupations et à œuvrer pour un système financier mondial plus juste et équitable.
Key points
- Les pays en développement supportent un fardeau de dette disproportionné par rapport à leur richesse.
- 46 pays en développement dépensent davantage en intérêts que pour la santé ou l'éducation.
- Le président kenyan plaide pour une réforme des institutions internationales et du système financier mondial.