Le poisson occupe une place importante dans l'alimentation des populations maliennes, constituant une source de protéines et contribuant aux revenus de nombreux ménages. La pêche continentale s'appuie sur un réseau hydrographique important, avec un potentiel de captures estimé à plus de 200.000 tonnes par an. Les résultats de la 16e édition du Conseil supérieur de l'agriculture font état d'une production de 122.671 tonnes de poissons en 2025.
La pêche traditionnelle se déploie le long des fleuves Niger et Sénégal, dans les zones lacustres du Débo, du Télé, du Faguibine et du Fati, ainsi que dans la Région de Kayes. Elle est pratiquée par des pêcheurs migrants et des communautés sédentaires. Cependant, les variations du niveau des eaux, la dégradation des habitats aquatiques et les effets du changement climatique peuvent fragiliser les milieux de pêche et les revenus des communautés.
La pisciculture apparaît comme une possibilité de compléter les captures naturelles et de mieux répondre à la demande. Le Mali disposerait d'environ 5.500 sites aménageables pour cette activité, couvrant quelque 895.000 hectares. Pourtant, le niveau d'aménagement de ce potentiel reste très faible. L'enjeu est de passer des possibilités recensées à une production mieux organisée.
Le consommateur peut difficilement distinguer le poisson pêché dans le fleuve de celui d'élevage. Le goût dépend notamment de l'espèce, de son alimentation, de son environnement et de la fraîcheur du produit. Le tilapia et le silure peuvent être issus aussi bien de la pêche que de l'élevage. La différence ne tient donc pas uniquement à leur origine.
Sur le plan nutritionnel, les deux catégories de poisson peuvent fournir des protéines de bonne qualité, ainsi que des vitamines et des minéraux utiles à l'organisme. La teneur en matières grasses et en oméga-3 varie toutefois selon les espèces, leur alimentation et les conditions de production. La fraîcheur, les conditions de conservation et les pratiques d'hygiène comptent également dans la qualité du produit consommé.
Le développement de l'aquaculture ne signifie pas le remplacement de la pêche traditionnelle, mais plutôt de renforcer les deux filières. Les producteurs doivent notamment accéder à des alevins de qualité, à des aliments adaptés et abordables, à la formation technique et au financement. La réduction du coût des intrants figure parmi les leviers envisagés pour soutenir ces filières.
Le Mali s'est doté d'une Politique nationale de développement de la pêche et de l'aquaculture en 2012, après l'élaboration du Schéma directeur de développement de la pêche et de la pisciculture en 1997. Cette orientation traduisait la volonté de faire de la pêche et de l'aquaculture de véritables filières de production rurale.
Key points
- Le Mali a enregistré une production de 122.671 tonnes de poissons en 2025.
- La pisciculture est en développement pour répondre à la demande croissante de poisson.
- Le poisson d'élevage peut être une alternative viable à la pêche traditionnelle.