Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé un avertissement concernant la création d'emplois dans les pays en développement. Selon ses projections, environ 1,2 milliard de jeunes devraient quitter l'école et entrer sur le marché du travail dans les quinze prochaines années. Cependant, seulement 400 millions d'emplois seraient créés sur la même période, laissant un déficit potentiel de 800 millions d'emplois.

L'administrateur du PNUD, Alexander De Croo, a exprimé son inquiétude depuis Bangkok, à l'occasion des réunions annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Il a souligné que ce déficit n'est pas une fatalité, mais plutôt une projection fondée sur la technologie et les dynamiques économiques actuelles. Le déséquilibre s'explique en partie par la démographie, avec une part importante de la population des pays en développement encore enfant ou adolescente et qui arrivera en âge de travailler au cours des prochaines années.

La Banque mondiale décrit cette cohorte de jeunes comme la plus importante que le monde ait probablement connue. Environ 1,2 milliard de jeunes devraient atteindre l'âge de travailler d'ici 2035 dans ces économies. Cependant, ses projections indiquent qu'à peine plus de 400 millions d'entre eux seraient employés en 2035, tandis qu'environ 300 millions risquent de ne être ni en emploi, ni en formation, ni en études.

Les économies en développement font face à des contraintes multiples, notamment une énergie plus chère, les effets potentiels d'El Niño susceptibles d'entraîner de graves sécheresses et des coûts d'emprunt élevés. Les conflits aggravent encore la situation en perturbant les approvisionnements en engrais et en céréales, tout en alimentant la hausse des prix de l'énergie.

Pour le chef du PNUD, la résilience de l'économie mondiale n'est pas partagée équitablement, les pays en développement supportant une part disproportionnée de ces chocs. Les projections actuelles reposent sur l'état présent de la technologie, mais l'économie n'est pas figée. L'intelligence artificielle, la productivité et les nouveaux modèles d'investissement peuvent modifier le nombre et la nature des emplois créés.

Le PNUD vient de lancer deux initiatives mondiales consacrées à l'investissement et à l'emploi. L'une vise à améliorer les politiques et réglementations en matière d'investissement, à concevoir des projets et portefeuilles adaptés, puis à en assurer la mise en œuvre. L'autre doit identifier les secteurs à fort potentiel de création d'emplois, aligner les compétences des travailleurs sur les besoins des employeurs et lever les obstacles à l'investissement des entreprises et au recrutement.

Le message central du PNUD est clair : sans action rapide, 800 millions de jeunes pourraient se retrouver sans perspective d'emploi, avec des conséquences sociales, économiques et politiques majeures. Mais le déficit n'est pas encore une réalité acquise ; des politiques adaptées, une croissance soutenue, des institutions efficaces et des investissements ciblés peuvent encore transformer cette projection.

Key points

  • Le PNUD prévoit un déficit de 800 millions d'emplois dans les pays en développement d'ici 2035.
  • L'intelligence artificielle peut soutenir la productivité et la création d'emplois.
  • Le PNUD lance deux initiatives mondiales pour l'investissement et l'emploi.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.