La Chine a profondément transformé son économie, développé ses capacités industrielles et scientifiques, et renforcé son influence internationale en quelques décennies. Le Parti communiste chinois (PCC) est l'acteur central de cette transformation, jouant un rôle clé dans la planification nationale et la conduite des politiques publiques. Cette expérience soulève des questions pour le Bénin, notamment sur la manière d'assurer la cohérence de l'action publique, développer les compétences nationales et inscrire les ambitions de développement dans la durée.
Selon le professeur Sylvain Azankpo, spécialiste de science politique et des relations internationales, la transformation chinoise s'explique notamment par l'histoire politique chinoise et les choix qui ont façonné son évolution. Après la chute de la dynastie Qing en 1912, les ingérences étrangères et le mouvement du 4 mai 1919 nourrissent les aspirations au renouveau national. Fondé en juillet 1921, le PCC s'inscrit dans cette période de mutations.
La planification quinquennale est un instrument majeur de la stratégie chinoise, permettant de définir des objectifs précis, des ressources adaptées et des mécanismes de suivi. Le 15e Plan quinquennal, couvrant la période 2026-2030, accorde une place importante à la modernisation industrielle, à l'innovation scientifique, aux technologies de pointe et au développement des compétences. Pour le Bénin, l'un des enseignements réside dans la capacité à inscrire les politiques publiques dans une vision de long terme.
Le développement ne se résume pas à une succession de projets, mais exige des objectifs précis, des ressources adaptées et des mécanismes de suivi. Les changements de responsables ne devraient pas entraîner systématiquement la remise en cause des engagements structurants. La continuité doit s'accompagner d'indicateurs mesurables, d'évaluations régulières et de la correction des mesures inefficaces.
La transformation chinoise repose également sur l'industrialisation, la recherche et les compétences scientifiques et techniques. Pour le professeur Azankpo, le Bénin doit renforcer sa capacité à transformer ses matières premières, à entretenir ses équipements et à concevoir des solutions adaptées à ses besoins. Le développement ne saurait durablement reposer sur l'importation de produits finis et d'équipements étrangers.
Les relations entre Cotonou et Pékin offrent des possibilités concrètes, notamment avec l'exportation de l'ananas « Pain de Sucre » vers le marché chinois. Cette ouverture commerciale offre de nouvelles perspectives aux producteurs, mais ses retombées dépendront de la capacité à améliorer la qualité, à respecter les normes des marchés de destination et à développer la transformation locale.
Le transfert de technologies chinoises pourrait soutenir cette dynamique, à condition de dépasser la simple acquisition d'équipements. Une machine importée ne garantit pas l'autonomie technologique si les utilisateurs ne peuvent ni l'entretenir ni la réparer sans assistance extérieure. Cette exigence concerne aussi l'intelligence artificielle, la robotique et les technologies numériques, dont la maîtrise pourrait contribuer à réduire les dépendances et à stimuler l'innovation.
Key points
- Le Parti communiste chinois est l'acteur central de la transformation de la Chine.
- La planification quinquennale est un instrument majeur de la stratégie chinoise.
- Le Bénin doit renforcer sa capacité à transformer ses matières premières et à concevoir des solutions adaptées à ses besoins.