Le Maroc et Israël ont renforcé leur partenariat militaire et technologique depuis la normalisation diplomatique initiée par les accords d'Abraham en décembre 2020. En trois ans, le Maroc a importé environ 25% de ses équipements militaires d'Israël, tandis que les États-Unis fournissent 60% et la France 10%. Cette mutation stratégique a été concrétisée par la signature d'un mémorandum d'entente et de coopération en 2021 lors de la visite du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz.
Le Maroc cherche à redéfinir l'équilibre stratégique militaire face à l'Espagne et l'Algérie et à s'imposer comme un verrou géopolitique incontournable sur l'axe vital reliant la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. Cette ambition s'accompagne d'une militarisation outrancière et accélérée du territoire du Sahara occidental occupé. Les experts signalent un déploiement massif de forces et d'infrastructures de surveillance le long de la bande frontalière.
Le protocole d'accord de 2021 a jeté les bases d'une architecture sécuritaire globale englobant le renseignement, le partage d'informations sensibles, la formation militaire et le soutien logistique mutuel. Ce cadre juridique a rapidement ouvert la voie à des acquisitions technologiques d'une grande sophistication, notamment l'intégration du système de défense aérienne multicouche Barak MX, acquis en 2022 auprès d'Israel Aerospace Industries pour un montant avoisinant les 500 millions de dollars.
Le système antimissile et antiaérien Barak MX déploie une portée opérationnelle comprise entre 35 et 150 kilomètres. Son centre de commandement névralgique a été implanté sur la nouvelle base militaire de Sidi Yahya El-Gharb, située à environ 200 kilomètres de l'enclave de Ceuta. Cette infrastructure permet d'intercepter des aéronefs, des drones kamikazes, des missiles de croisière ainsi que des vecteurs balistiques tactiques.
Le Maroc a également acquis 36 obusiers automoteurs Atmos 2000 de calibre 155 mm, conçus par la firme israélienne Elbit Systems, et capables de neutraliser des cibles à plus de 40 kilomètres de distance. Le royaume a également obtenu des systèmes PULS, avec 8 à 12 unités à travers un contrat estimé à environ 150 millions de dollars.
Le volet aérien non piloté occupe une place centrale dans cette stratégie d'acquisition. Le Maroc a considérablement étoffé son parc de drones tactiques avec des modèles tels que le WanderB et le ThunderB de BlueBird Aero Systems, ainsi que l'Hermes 450 d'Elbit Systems. Ces appareils viennent compléter les flottes de drones de classe MALE déjà opérationnelles.
Le partenariat technologique s'étend également aux domaines sensibles de la cybersécurité et du renseignement électronique. Le Maroc a formalisé l'achat de deux satellites d'observation et de reconnaissance Ofek 13 auprès d'Israel Aerospace Industries pour près d'un milliard de dollars. Cette alliance s'est institutionnalisée à travers des instances de concertation pérennes, avec des réunions annuelles régulières entre les états-majors des deux pays.
Key points
- Le Maroc a importé 25% de ses équipements militaires d'Israël en trois ans.
- Le partenariat militaire et technologique entre le Maroc et Israël s'est institutionnalisé à travers des instances de concertation pérennes.
- Le Maroc a acquis des systèmes de défense aérienne et des drones tactiques auprès d'Israël.