Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a confirmé le 25 septembre 2026 que le Ghana avait rejeté une offre américaine d'environ 109 millions de dollars destinée à soutenir son secteur de la santé. Cette décision a été prise en raison des conditions exigées par les États-Unis, qui comprenaient le partage du profil pathogène national et des dossiers médicaux des citoyens ghanéens.
L'offre américaine s'inscrivait dans la "America First Global Health Strategy", un cadre bilatéral mis en place après les coupes drastiques de l'USAID. Le document soumis au cabinet ghanéen exigeait également une contribution financière de contrepartie et l'exemption d'inspection par la Food and Drugs Authority ghanéenne pour les produits médicaux fournis. Le président Mahama a qualifié ces conditions d'"humiliantes" et a souligné que le cabinet avait rejeté le compact "en un temps record".
Le Ghana n'est pas le seul pays à avoir rejeté une offre américaine pour des raisons similaires. Au Zimbabwe, les négociations sur un accord d'environ 367 millions de dollars ont échoué début 2026 en raison de motifs similaires, notamment l'accès aux données de santé sensibles et aux échantillons biologiques sans réciprocité ni garantie de partage des bénéfices. Le gouvernement zimbabwéen a qualifié l'arrangement de "déséquilibré" et d'atteinte à la souveraineté.
Au Kenya, un accord signé fin 2025, estimé à plus de 1,6 milliard de dollars, a été suspendu par la High Court dès décembre 2025 après des recours d'organisations de consommateurs et de parlementaires dénonçant des risques pour la vie privée et la conformité à la législation nationale sur la protection des données. Ces cas s'inscrivent dans un système plus large de stratégie américaine qui conditionne une aide réduite à un accès élargi aux systèmes de données sanitaires.
Plusieurs pays africains ont signé de tels mémorandums, mais d'autres, comme le Ghana et le Zimbabwe, les ont refusés ou freinés, craignant une forme d'extraction de données et de pathogènes sans retombées équitables. Le président Mahama a souligné que la dignité ne fait pas partie des clauses d'un contrat et que le Ghana avait choisi de protéger la souveraineté sanitaire de son pays.
Renoncer à 109 millions de dollars creuse indéniablement les déficits de la santé publique ghanéenne. Cependant, le gouvernement ghanéen a décidé de prioriser la protection des données souveraines et la dignité de ses citoyens. Cette décision a été prise dans un contexte où plusieurs pays africains sont confrontés à des défis similaires liés à l'aide internationale et à la protection des données.
La décision du Ghana a été saluée par plusieurs organisations qui défendent la souveraineté des pays en développement et la protection de leurs données. Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre les pays développés et les pays en développement sur la question de l'aide internationale et de la protection des données.
Key points
- Le Ghana a rejeté une offre américaine de 109 millions de dollars pour son secteur de la santé en raison de conditions jugées humiliantes.
- La décision du Ghana s'inscrit dans un système plus large de stratégie américaine qui conditionne une aide réduite à un accès élargi aux systèmes de données sanitaires.
- Plusieurs pays africains ont signé des mémorandums similaires, mais d'autres les ont refusés ou freinés, craignant une forme d'extraction de données et de pathogènes sans retombées équitables.