Le secrétaire exécutif de l'African Refiners and Distributors Association (ARDA), Anibor O. Kragha, a souligné que le GPL représente une opportunité majeure d'investissement pour le développement du secteur aval des hydrocarbures en Afrique. Selon lui, la progression de la demande et les insuffisances des infrastructures d'approvisionnement et de distribution font du GPL un axe important de développement du secteur aval pétrolier africain. Le GPL constitue désormais un élément clé pour répondre aux besoins énergétiques du continent.

Près d'un milliard d'Africains utilisent encore le bois de chauffage et le charbon de bois pour la cuisson, malgré les conséquences de ces combustibles sur la santé et l'environnement. La pollution de l'air domestique serait responsable d'environ 815 000 décès chaque année en Afrique. Cette situation est d'autant plus préoccupante que la population de l'Afrique subsaharienne a augmenté de 30 millions d'habitants entre 2022 et 2023, alors que seulement 11 millions de personnes ont accédé à des solutions de cuisson propre.

Le GPL est un élément clé pour répondre aux besoins énergétiques du continent, en particulier en Afrique subsaharienne où il représente 76 % des personnes ayant accès à des solutions de cuisson propre. La consommation de GPL dans cette région a atteint 6,4 millions de tonnes en 2025, soit environ 4,8 kg par habitant, contre plus de 50 kg en Afrique du Nord. La demande a progressé de 12 % sur la même période et pourrait atteindre 17 millions de tonnes à l'horizon 2045.

Cependant, l'évolution du marché du GPL se heurte à des insuffisances infrastructurelles. Le continent dispose de capacités limitées de stockage et de réception des cargaisons de grande capacité. Une vingtaine seulement d'installations de stockage de GPL disposent d'une capacité d'au moins 10 000 tonnes, tandis que les réserves couvrent généralement dix jours de consommation ou moins. Cette situation expose plusieurs marchés africains aux fluctuations des cours internationaux et aux perturbations de l'approvisionnement.

Face à ces contraintes, Anibor O. Kragha préconise des investissements dans l'ensemble de la chaîne de valeur du GPL, notamment le traitement du gaz, les terminaux d'importation, les capacités de stockage, les centres d'embouteillage, la fabrication de bouteilles et les réseaux de distribution. Il estime également que le développement de contrats d'approvisionnement à long terme et de capacités de stockage stratégique pourrait contribuer à réduire la dépendance aux achats ponctuels sur le marché international et à améliorer la prévisibilité des prix.

Plusieurs pays sont présentés comme des marchés importants pour ces investissements, notamment le Nigeria, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud et l'Angola, qui concentrent plus de la moitié de la demande de GPL en Afrique subsaharienne. La Côte d'Ivoire a enregistré une progression de 12 % de sa demande en 2025, tandis que l'Afrique du Sud a connu une hausse de 15 %. D'autres perspectives concernent les plateformes portuaires régionales susceptibles d'approvisionner les pays enclavés.

Pour mobiliser les financements nécessaires, l'ARDA entend favoriser la coopération entre les gouvernements, les compagnies pétrolières nationales, les distributeurs, les négociants internationaux et les institutions financières. L'organisation travaille notamment avec le Global LPG Partnership (GLPGP) à la mise en place d'un fonds d'un milliard de dollars destiné à soutenir les initiatives en faveur de la cuisson propre.

Key points

  • Le GPL est un axe important de développement du secteur aval pétrolier africain.
  • La progression de la demande et les insuffisances des infrastructures d'approvisionnement et de distribution font du GPL un élément clé pour répondre aux besoins énergétiques du continent.
  • Le développement de contrats d'approvisionnement à long terme et de capacités de stockage stratégique pourrait contribuer à réduire la dépendance aux achats ponctuels sur le marché international.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.