Le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé à l'Algérie d'assouplir son taux de change pour aider l'économie à mieux encaisser les chocs extérieurs. Selon le FMI, cette mesure contribuerait à réduire l'écart entre le taux de change officiel et le marché parallèle des devises. L'écart entre les deux marchés est actuellement estimé à environ 80%, avec un euro valant 153,23 dinars à la Banque d'Algérie et 277 dinars sur le marché parallèle.

Le conseil d'administration du FMI a conclu les consultations de 2026 au titre de l'article IV avec l'Algérie le 11 septembre 2026. Dans son évaluation, rendue publique le 21 septembre, le FMI a estimé qu'une plus grande flexibilité du taux de change aiderait l'économie algérienne à absorber les chocs extérieurs. Le FMI avait déjà préconisé davantage de flexibilité du change à l'issue de sa mission à Alger, du 16 au 30 juin 2026.

L'écart entre le taux de change officiel et le marché parallèle est actuellement considérable. Le mardi 22 septembre, l'euro était coté 153,23 dinars à la vente par la Banque d'Algérie, tandis que sur le marché parallèle, il s'échangeait autour de 277 dinars. Le FMI a relevé que la prime du marché parallèle était restée élevée, malgré les mesures introduites par la Banque d'Algérie.

Le FMI a également fait d'autres recommandations sur le plan monétaire. Il a suggéré de resserrer la politique monétaire si les pressions inflationnistes s'accentuent, de faire d'une inflation basse l'objectif principal et le point d'ancrage de la politique monétaire, et d'améliorer sa transmission. Le FMI a également recommandé de renforcer l'indépendance opérationnelle de la Banque d'Algérie et de réserver le financement monétaire à des circonstances exceptionnelles.

Le FMI ne fixe aucun niveau cible pour le dinar, ni en banque ni sur le marché parallèle, et ne parle pas de dévaluation. Il recommande simplement une plus grande flexibilité du taux de change, qui renforcerait selon lui la capacité de l'économie à absorber les chocs extérieurs et contribuerait à réduire la prime sur le marché parallèle. Concrètement, cela reviendrait à laisser le taux officiel refléter davantage l'offre et la demande de devises.

La question du marché parallèle figurait déjà dans les conclusions du FMI il y a un an. Dans son communiqué du 18 septembre 2025, le FMI jugeait prioritaire de réduire la prime de change parallèle. Il citait comme exemple le relèvement de l'allocation en devises accordée pour les voyages. L'Algérie a pris une mesure en ce sens, en portant le droit de change pour voyage à 750 euros pour les 19 ans et plus.

Depuis l'été 2026, cette allocation touristique de 750 euros est versée sur une carte de paiement internationale, et non plus en espèces. Malgré ces mesures, le constat du FMI est sans ambiguïté : l'écart entre les deux marchés reste élevé. Le FMI continue de suivre la situation et de prodiguer des conseils pour aider l'Algérie à stabiliser son économie.

Key points

  • Le FMI recommande une plus grande flexibilité du taux de change pour aider l'économie algérienne à absorber les chocs extérieurs.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.