Le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale ont décidé de revoir leur méthode d’analyse de la dette des pays à faible revenu. Cette réforme, qui doit entrer en vigueur au second semestre 2027, vise à adapter l’outil d’évaluation à la transformation du paysage de la dette publique. Les deux institutions ont élaboré conjointement cette réforme, qui a été approuvée par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 15 septembre.

La principale innovation de cette réforme consiste à introduire un module consacré à la dette intérieure. L’objectif est de mieux mesurer les risques liés à l’augmentation des emprunts domestiques, notamment les interactions entre les finances publiques et le système bancaire. Cette question est particulièrement importante pour les économies africaines où les marchés financiers domestiques jouent un rôle croissant dans le financement des déficits publics.

Le nouveau cadre intégrera également un module sur les besoins de développement à long terme. Il devra permettre l’appréciation de la marge budgétaire disponible pour financer les infrastructures, le capital humain ou encore l’adaptation climatique, tout en mesurant les effets de ces investissements sur la croissance et les finances publiques. L’enjeu est de dépasser une lecture strictement comptable de la dette.

La réforme intervient dans un contexte où la situation de la dette reste préoccupante sur le continent. Selon la Banque africaine de développement (Bad), 21 pays africains étaient en situation de surendettement ou à haut risque de surendettement en 2025, un nombre qui reste inchangé depuis 2023. Le ratio moyen de dette publique rapporté au Pib en Afrique est passé de 63,7 % en 2024 à 62,8 % fin 2025.

Le nouveau Dsf doit également revoir certains seuils utilisés pour apprécier la capacité d’endettement et mieux distinguer un risque de tensions sur la dette d’une situation de dette effectivement insoutenable. Les simulations et tests de résistance seront renforcés. Les deux institutions souhaitent aussi améliorer la couverture des données et la transparence sur les engagements publics.

Cette évolution est rendue nécessaire en raison des changements intervenus depuis la précédente révision du cadre, en 2017. Les États ont davantage recours à l’endettement intérieur, tandis que leurs besoins de financement se sont accrus dans les infrastructures, le capital humain et l’adaptation au changement climatique.

Le Fmi et la Banque mondiale entendent ainsi renforcer leur capacité à évaluer les risques liés à la dette des pays à faible revenu et à soutenir leur développement économique. La mise en œuvre de cette réforme sera suivie de près par les pays concernés, qui devront adapter leurs stratégies d’endettement en conséquence.

Key points

  • Le Fmi et la Banque mondiale réforment leur méthode d'analyse de la dette des pays à faible revenu pour mieux évaluer les risques liés à l'endettement intérieur.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.