Le nombre d'horlogers en Tunisie est en constante diminution. Ils ne sont plus que quelques centaines ou dizaines. Cette profession qui était autrefois très présente dans chaque ville et quartier est en train de disparaître. Les boutiques de téléphones portables et d'outils numériques sont désormais omniprésentes, alors que les horlogers sont relégués à l'arrière-plan.
Selon Khaled Bjaoui, horloger actif à Tunis, le déclin de ce métier est dû en partie au manque d'intérêt des jeunes. Malgré les efforts de l'État pour inciter les jeunes à se lancer dans cette carrière en proposant des formations au centre de formation en bijouterie et en horlogerie à Gammarth, les jeunes ont finalement décliné cette offre. La filière de l'horlogerie a ainsi été éliminée du programme.
Le désintérêt des jeunes pour l'horlogerie est attribué à leur quête de gain facile. Selon Khaled Bjaoui, les jeunes préfèrent un métier qui leur permet de gagner de l'argent rapidement plutôt que de s'investir dans un métier qui nécessite de la patience et dont la rentabilité est moindre. Les parents n'ont plus l'habitude de placer leurs fils auprès d'artisans et de professionnels pour qu'ils acquièrent les secrets d'un métier.
Haythem Rayes, un autre horloger, partage le même avis que Khaled Bjaoui sur la réticence des jeunes à se lancer dans l'horlogerie. Cependant, il estime que ce métier peut être rentable pour les professionnels. Selon lui, les jeunes peuvent gagner leur vie en s'investissant dans ce métier, à condition de faire preuve de patience et de maîtriser les techniques.
Le métier d'horloger est également affecté par la négligence de l'accessoire qu'est la montre. De nombreux Tunisiens n'éprouvent plus le besoin d'avoir une montre à leur poignet, se contentant de leur téléphone portable pour indiquer l'heure. L'invasion des montres de contrefaçon ne sert pas non plus le métier d'horloger, ces montres jetables ne valant pas la peine d'être réparées en cas de panne.
Les montres de qualité, quant à elles, ont vu leurs prix augmenter en raison de la chute du dinar. Selon Khaled Bjaoui, une montre de qualité coûte désormais au moins 350 dinars, une somme qui peut être difficile à supporter pour un ménage. Cependant, les férus de bonnes montres continuent à recourir aux horlogers pour se faire réparer leurs accessoires.
Les horlogers comme Khaled Bjaoui et Haythem Rayes préservent encore leur place dans ce métier grâce aux collectionneurs de montres. Cependant, ils semblent convaincus que leur métier ne tiendra pas plus longtemps, faute de relève et de gain alléchant. Seuls les commerçants de montres de marque pourraient encore gagner leur vie en proposant des accessoires.
Key points
- Le métier d'horloger est en déclin en Tunisie faute de relève.
- Les jeunes ne sont pas intéressés par ce métier qui nécessite de la patience et dont la rentabilité est moindre.
- Les montres de contrefaçon et l'augmentation des prix des montres de qualité contribuent également au déclin de l'horlogerie.