Le Bénin connaît une croissance économique remarquable, projetée à 7,0 % en 2026 et 7,1 % en 2027, après 8,1 % en 2025. Cependant, selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (Bad), le système financier national a des capacités limitées pour mobiliser des ressources domestiques de long terme. Cette situation pourrait entraver le développement économique du pays.

Le système financier du Bénin est peu profond, avec des banques qui concentrent plus de 70 % des actifs financiers. Les portefeuilles sont majoritairement orientés vers des placements de court terme et à faible risque. Le crédit au secteur privé représente 17,2 % du produit intérieur brut (Pib) en moyenne sur 2020-2024, un niveau inférieur à celui de plusieurs pays de la région.

La Bad attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment les insuffisances du système judiciaire dans l’exécution des garanties et des exigences prudentielles élevées. Ces contraintes favorisent une plus forte détention de titres publics, au détriment du financement du secteur privé. La part des recettes publiques consacrée au service de la dette extérieure est passée de 7,7 % en moyenne sur 2015-2019 à 21,4 % sur 2020-2023.

Pour améliorer la situation, la Bad recommande de renforcer le rôle de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) et des Sociétés de gestion et d’intermédiation (Sgi). Le développement des marchés de capitaux régionaux est crucial pour mobiliser l’épargne des particuliers. La capitalisation de la Brvm a progressé de 24,03 milliards de dollars à 34 milliards entre 2021 et 2024.

La Bad suggère également de développer les produits des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (Opcvm) pour mieux mobiliser l’épargne des particuliers. Le marché régional des titres publics demeure dominé par les émissions souveraines et les investisseurs bancaires. La maturité moyenne des titres émis était de 3,35 ans en février dernier.

Le financement climatique et la finance islamique sont également des axes de réforme importants. Le Bénin a émis son premier Sukuk souverain international, d’un montant de 500 millions de dollars sur sept ans, le 22 janvier dernier. La Bad appuie également la création du Véhicule de financements verts du Bénin, dont la première phase vise la mobilisation de 578 millions de dollars.

Enfin, la Bad recommande d’optimiser la gestion des risques souverains en mettant en place des outils avancés de gestion de la dette et une plateforme intégrée de suivi du risque souverain. La création d’une Agence africaine de notation de crédit est également suggérée. Le capital social minimum des banques a été porté de 10 à 20 milliards F Cfa à compter de janvier 2024.

Key points

  • La croissance économique du Bénin est robuste, mais le système financier national a des capacités limitées pour mobiliser des ressources domestiques de long terme.
  • La Bad recommande de renforcer le rôle de la Bourse régionale des valeurs mobilières et des Sociétés de gestion et d’intermédiation pour améliorer la mobilisation de l’épargne.
  • Le financement climatique et la finance islamique sont des axes de réforme importants pour le Bénin.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.