La vie quotidienne des Sénégalais a changé. Autrefois, le samedi sentait la sauce, avec des odeurs d'oignons dorés, de tomates réduites et de viande mijotée qui emplissaient les quartiers. Les familles se réunissaient autour du bol, avec de la viande dans la sauce, sans se soucier du coût. Mais aujourd'hui, le décor a changé. Le kilo de viande est passé à 6 000 ou 7 000 FCFA, ce qui en fait un luxe pour beaucoup de familles.

Les prix des produits de base ont augmenté, notamment le riz, l'huile, l'oignon, le sucre, le poisson et le pain. La plupart de ces produits viennent d'ailleurs, et chaque secousse sur les marchés mondiaux se ressent dans les bols des Sénégalais. Les revenus, quant à eux, n'ont pas suivi la même courbe. Les salaires des fonctionnaires s'évaporent avant la fin du mois, tandis que les commerçants, les journaliers et les petits transporteurs ont du mal à joindre les deux bouts.

Les familles sénégalaises sont souvent contraintes de rogner sur leurs dépenses. Un seul revenu fait souvent vivre plusieurs personnes, et les charges ne négocient pas : loyer, électricité, eau, transport et scolarité tombent à date fixe. Les ménagères doivent donc arbitrer et sacrifier certains produits, notamment la viande, qui est devenue un luxe. Les Sénégalais ne mangent plus ce qu'ils veulent, mais ce qu'ils peuvent.

La cherté de la vie se mesure dans les marchés, les cuisines et les petites renonciations quotidiennes. Les Sénégalais réduisent la quantité de nourriture, suppriment des ingrédients, remplacent par des produits moins chers ou repoussent à la semaine prochaine. La question a changé : hier, on se demandait "Qu'est-ce qu'on va manger aujourd'hui ?", aujourd'hui, elle est devenue "Qu'est-ce qu'on peut encore se permettre de manger ?".

Les familles sénégalaises tiennent bon, mais la solidarité est mise à rude épreuve. Les ménagères doivent inventer et s'adapter pour faire des miracles avec trois fois rien. La viande, qui était un produit de base, est devenue un luxe réservé aux grandes fêtes. Les Sénégalais partagent désormais les sacrifices, plutôt que les repas.

La situation est d'autant plus préoccupante que la viande fait partie de la culture sénégalaise. Le plat de résistance est souvent le premier à passer à la trappe. Les Sénégalais ne peuvent plus se permettre de manger à leur faim sans compter chaque morceau. La cherté de la vie a changé l'odeur des rues, qui ne sentent plus la sauce.

La situation est alarmante, et les Sénégalais se demandent jusqu'à quand ils devront attendre une fête pour manger correctement. La belle époque, où la viande faisait partie du quotidien, semble révolue. Remplir le bol familial est devenu une victoire, et bien manger n'est plus un droit, mais un privilège.

Key points

  • Le kilo de viande est passé à 6 000 ou 7 000 FCFA
  • Les prix des produits de base ont augmenté
  • Les familles sénégalaises sont contraintes de rogner sur leurs dépenses

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.