La transition énergétique est devenue une composante clé de la sécurité et de la souveraineté économiques de la Tunisie. Le secrétaire d'État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, a souligné l'importance de réduire la dépendance aux importations d'énergie et de diversifier l'approvisionnement énergétique. Cette déclaration a été faite lors de l'ouverture de la deuxième édition de l'Ifriqiya Energy Hub, un forum qui a réuni plus de 200 experts et acteurs issus de pays africains, européens et méditerranéens à Tunis.
La conjoncture internationale actuelle impose à la Tunisie d'accélérer l'élaboration d'un nouveau modèle énergétique. Selon Chouchane, ce modèle repose sur deux axes principaux : le développement des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Le développement des énergies renouvelables permettra de diversifier l'approvisionnement et de réduire les coûts, tandis que l'efficacité énergétique contribuera à maîtriser la consommation, renforcer la compétitivité des entreprises et diminuer la dépendance extérieure.
Le gouvernement tunisien mise également sur l'autoproduction d'électricité et sur la modernisation du réseau national. Cette modernisation est nécessaire pour intégrer des parts croissantes d'énergie solaire et éolienne. Dans ce contexte, Chouchane a rappelé les différents projets d'énergies renouvelables lancés dans le pays, ainsi que les travaux en cours pour réviser le Code des hydrocarbures. L'objectif est de rendre le cadre réglementaire plus propice aux investissements et de réduire les risques pour les opérateurs privés.
La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d'ici 2030, et à 50 % d'ici 2035. Actuellement, les énergies renouvelables ne représentent que 6 à 7 % du mix électrique tunisien. Cet enjeu est particulièrement sensible pour un pays dont le déficit énergétique dépasse 60 % et qui reste fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.
Le projet Elmed, une interconnexion électrique sous-marine reliant la Tunisie à l'Italie, joue un rôle central dans cette stratégie. Ce projet, d'une capacité de 600 mégawatts et long de 220 kilomètres, constituera la première connexion électrique directe entre la Tunisie et l'Italie. La Banque mondiale a approuvé un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet en 2023, et sa mise en service est prévue d'ici 2028.
Elmed est conçu comme une liaison bidirectionnelle, destinée à la fois à soutenir la stabilité du réseau tunisien et à créer un canal d'échange d'électricité entre l'Afrique du Nord et l'Europe. Ce projet permettra également d'augmenter les capacités en énergies renouvelables et de renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie. La coopération énergétique avec l'Algérie sera également complétée par cette nouvelle liaison.
Le forum Ifriqiya Energy Hub a permis de réunir des experts et des acteurs clés pour discuter des enjeux et des opportunités liés à la transition énergétique en Tunisie. Les débats ont porté sur les moyens de mettre en œuvre une stratégie énergétique ambitieuse, tout en tenant compte des contraintes et des défis liés à la situation géopolitique et économique actuelle.
Key points
- La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d'ici 2030.
- Le projet Elmed permettra de créer une connexion électrique directe entre la Tunisie et l'Italie.
- La Banque mondiale a approuvé un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet Elmed.