La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre à la Tunisie un marché unique de plus d'un milliard de consommateurs. Cependant, pour bénéficier de cette opportunité, le pays doit surmonter plusieurs obstacles. Les défis incluent la mise en place de systèmes de paiement efficaces, la réduction des coûts logistiques et le financement des entreprises. La Tunisie doit également s'adapter aux nouvelles exigences du commerce international, notamment en matière de transition énergétique et d'industrialisation verte.
Le problème du paiement est l'un des principaux freins au développement des échanges entre la Tunisie et les pays africains. La Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions avec plusieurs pays d'Afrique subsaharienne. Les exportateurs tunisiens doivent donc être réglés en euros ou en dollars, ce qui peut être difficile pour les clients africains. Le mécanisme PAPSS, mis en place sous l'égide de la ZLECAf, vise à faciliter les virements entre monnaies africaines. Cependant, son adoption par les banques est encore limitée.
La logistique est un autre défi important pour la Tunisie. Les coûts logistiques sont élevés et les liaisons vers l'Afrique nécessitent souvent deux ou trois transbordements, ce qui alourdit les délais, les coûts et les risques. Les barrières non tarifaires, telles que les exigences liées à l'empreinte carbone et aux normes environnementales, sont également un obstacle. Les entreprises tunisiennes doivent monter en gamme et anticiper les nouvelles règles du commerce international pour être compétitives.
Le financement est un défi majeur pour les PME exportatrices tunisiennes. Les taux d'intérêt élevés pèsent sur les entreprises, qui ont besoin de crédits pour développer leurs activités. La réforme des organismes d'appui à l'exportation est également nécessaire pour offrir des services plus proches des entreprises et un meilleur accompagnement. L'implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux, est une solution pour optimiser les flux financiers et consolider la présence tunisienne en Afrique.
La transition énergétique et l'industrialisation verte sont désormais au cœur de l'agenda continental. La ZLECAf a lancé l'Africa Green Industrialization Initiative (AGII) pour fédérer les banques multilatérales, les banques commerciales et les investisseurs afin de financer des projets verts. La Tunisie doit préparer ses entreprises à ces nouvelles exigences et saisir les opportunités offertes par la transition énergétique.
La Tunisie dispose d'atouts pour devenir un acteur crédible dans la dynamique de la ZLECAf, notamment sa position géographique, son savoir-faire industriel et son expérience à l'export. Cependant, les promesses de la ZLECAf ne se concrétiseront pas par les seuls accords commerciaux. Il faut activer le PAPSS, réduire les coûts logistiques, faciliter le financement des PME et encourager les implantations directes.
Les entreprises tunisiennes doivent également être prêtes à saisir les opportunités offertes par la ZLECAf. Cela nécessite une meilleure connaissance des marchés africains, un appui juridique et commercial, ainsi qu'un suivi après l'implantation. La solution proposée est l'implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux. Cela permettrait de disposer de stocks sur les marchés africains, de réduire la dépendance aux transbordements et de mieux répondre à la demande locale.
Key points
- La Tunisie doit lever les obstacles concrets pour saisir les opportunités de la ZLECAf
- Le financement est un défi majeur pour les PME exportatrices tunisiennes
- La transition énergétique et l'industrialisation verte sont désormais au cœur de l'agenda continental