La Société industrielle des plantes aromatiques (SIPAR) de Labé, située dans la commune urbaine de Labé, au quartier Nadhel, a longtemps été un acteur économique majeur dans la région. Créée entre 1929 et 1930 sous le nom de CAP Floral, avec son siège à Casablanca, l'entreprise a été nationalisée en 1973 par le gouvernement guinéen et renommée SIPAR. El Hadj Habib Fadi Diallo, un ancien travailleur de la SIPAR, évoque avec nostalgie les années fastes de l'entreprise.

La SIPAR était spécialisée dans la transformation de fleurs, fruits, écorces, feuilles et racines de plantes pour l'extraction d'huiles essentielles destinées à la fabrication de parfums. L'entreprise s'appuyait sur les populations locales pour la collecte de différentes espèces végétales, notamment les fleurs de bigaradier, d'oranger, de jasmin et de bergamote. Les collecteurs venaient de plusieurs localités pour approvisionner l'usine en matières premières.

Un système de troc avait été instauré entre l'entreprise et certaines populations, avec un échange de deux kilos de fleurs contre un kilo de riz. Ce système a fonctionné pendant des décennies, mobilisant environ 100 personnes par jour. Les opérations de collecte s'étendaient sur plusieurs dizaines de kilomètres autour de l'usine, notamment vers Koula, Satina et Diari.

La proximité des zones de collecte avec l'unité industrielle était indispensable, car les fleurs devaient être traitées rapidement après leur récolte pour préserver leur qualité et leur poids. La SIPAR produisait également des essences à partir de certains fruits, avec des campagnes de collecte organisées dans plusieurs préfectures de la moyenne Guinée.

Cependant, cette activité a été progressivement abandonnée en raison de sa faible rentabilité et des difficultés liées à la disponibilité d'une main-d'œuvre spécialisée. El Hadj Habib Fadi Diallo estime que la relance de l'ancienne unité demeure possible, mais nécessite d'importants investissements pour réhabiliter les infrastructures et renouveler les plantations.

Selon El Hadj Habib Fadi Diallo, certains équipements industriels, notamment les chaudières et les alambics, sont encore présents sur le site. Ces installations avaient permis à l'époque de traiter d'importantes quantités de matières premières. Il cite notamment les sites de Saala, Satina et Nadhel, qui pourraient être réhabilités pour permettre la reprise de la production.

La relance de la SIPAR pourrait contribuer à la réactivation d'une filière de collecte et de transformation des plantes aromatiques, offrant de nouvelles opportunités économiques aux populations qui dépendaient autrefois de cette activité. El Hadj Habib Fadi Diallo exprime une profonde émotion face à la situation actuelle de la SIPAR, ayant passé 30 ans de sa vie au sein de l'entreprise.

Key points

  • La SIPAR de Labé a été créée entre 1929 et 1930 sous le nom de CAP Floral.
  • L'entreprise a été nationalisée en 1973 par le gouvernement guinéen et renommée SIPAR.
  • La relance de la SIPAR nécessiterait d'importants investissements pour réhabiliter les infrastructures et renouveler les plantations.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.