La République démocratique du Congo a mené plusieurs actions pour lutter contre le mariage d'enfants. Le pays s'est engagé à éradiquer le mariage d'enfants d'ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable de l'ONU. Les experts qui ont évalué ces actions dans la mise en œuvre du Plan d'action national de lutte contre le mariage d'enfants estiment qu'il est nécessaire de changer le paradigme pour passer de la simple "lutte" à un véritable "accompagnement des communautés".
Les experts qui ont évalué les actions menées en RDC pour lutter contre le mariage d'enfants pensent qu'il est important de soutenir la scolarisation des filles. Selon eux, l'éducation reste le meilleur rempart contre le mariage d'enfants. Une fille sans instruction a 3 fois plus de risques d'être mariée de force qu'une fille ayant un niveau d'études secondaires ou supérieures. Ils évoquent également le renforcement de l'état civil pour rendre l'enregistrement des naissances et des mariages systématique et gratuit.
La législation congolaise interdit strictement le mariage avant l'âge de 18 ans, sans aucune exception, selon la Loi portant protection de l'enfant de 2009 et la révision du Code de la famille. Le cadre légal est totalement harmonisé avec les standards internationaux. Les experts soulignent la multiplication des plans provinciaux, qui montre une décentralisation des efforts. Plusieurs provinces fortement touchées, à l'instar du Sud-Kivu, ont traduit le plan national en plans d'actions opérationnels locaux adaptés à leurs réalités communautaires.
L'implication des leaders communautaires a été relevée, notamment à travers les revues de mise en œuvre appuyées par le Fonds des Nations Unies pour la population (FPA). Ces revues soulignent l'engagement croissant des chefs coutumiers et religieux, qui signent désormais des actes d'engagement et fixent des amendes locales contre les mariages précoces. Les experts notent également que l'évaluation montre une décentralisation des efforts.
En octobre 2023, une délégation de l'Union africaine (UA) a séjourné à Kinshasa pour évaluer formellement les progrès réalisés. La délégation a salué la mise en place de plateformes multisectorielles tout en poussant vers une accélération des financements. Malgré ces mécanismes, les évaluations de terrain menées par des organisations comme l'UNICEF RDC ou "Filles, Pas Épouses" relèvent de lourdes faiblesses.
Les évaluations de terrain montrent que près de 29% à 30% des jeunes femmes de 20 à 24 ans ont été mariées avant l'âge de 18 ans, et environ 8% à 10% avant l'âge de 15 ans. Le taux de mariage d'enfants explose en milieu rural (40,1% contre 19,4% en ville) et dans certaines provinces spécifiques, comme Mongala (62%), Maniema (58%), Sud-Ubangi (54%). Les experts dénoncent également la faible application des lois.
Les facteurs humanitaires, avec les conflits armés et les déplacements de populations à l'Est de la RDC, exacerbent la vulnérabilité des filles, transformant parfois le mariage en stratégie de survie économique pour les familles. La RDC poursuit son travail de sensibilisation des communautés pour éveiller l'attention des parents et des enfants à rejeter toute proposition de mariage d'enfants, quelques soient le montant de la dot.
Key points
- La RDC s'est engagée à éradiquer le mariage d'enfants d'ici 2030.
- Les experts estiment que l'éducation est le meilleur rempart contre le mariage d'enfants.
- Les évaluations de terrain montrent que près de 29% à 30% des jeunes femmes de 20 à 24 ans ont été mariées avant l'âge de 18 ans.