Le représentant de la République démocratique du Congo (RDC) auprès de l'ONU, Nicolas Mupepe Matomene, a récemment pris position au Conseil de sécurité des Nations Unies sur l'avenir des opérations de maintien de la paix. Il a mis en garde contre une approche de rationalisation qui pourrait automatiquement entraîner une diminution des capacités opérationnelles. Selon lui, la réduction des effectifs ou des ressources ne garantit pas nécessairement une plus grande efficacité.
La position de la RDC est fondée sur l'idée que la rationalisation ne doit pas rimer avec renoncement. Mupepe Matomene a souligné que les missions de paix doivent être évaluées en fonction de leur capacité à exécuter leur mandat, et non uniquement en fonction de leurs effectifs ou de leurs coûts. Il a également rappelé que les crises prolongées et la transformation des menaces sécuritaires imposent une adaptation constante des dispositifs internationaux.
La RDC propose une approche plus globale du maintien de la paix, qui tienne compte de la prévention des conflits, de la médiation, de la consolidation de la paix et de l'accompagnement politique. Mupepe Matomene a expliqué que la véritable question n'est pas seulement de savoir comment maintenir la paix, mais comment permettre aux opérations des Nations Unies de couvrir plus efficacement l'ensemble du chemin qui conduit à la paix.
L'expérience de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) a été citée comme exemple d'adaptation aux nouvelles réalités. La Monusco a appuyé le Mécanisme conjoint de vérification élargi, dans le cadre des efforts régionaux pour assurer le suivi du cessez-le-feu. Cette implication démontre que les opérations de maintien de la paix peuvent mettre leur expertise et leurs capacités logistiques au service d'un dispositif politique et régional plus large.
La RDC insiste sur le rôle de l'État hôte dans le fonctionnement des opérations de paix. Le consentement de l'État hôte ne doit pas être considéré comme une simple condition préalable au déploiement d'une mission, mais comme un principe devant accompagner l'ensemble de son évolution. La concertation avec l'État hôte doit intervenir dans la définition des priorités, l'adaptation du mandat, le déploiement et la transition de la mission.
Le mandat de la Monusco court jusqu'en décembre 2026, et la RDC souhaite que la réforme des opérations de paix tienne compte des impératifs de rationalisation des ressources et des exigences concrètes liées aux contextes sécuritaires. La délégation congolaise défend le principe de transitions "responsables, concertées et surtout réversibles" pour permettre aux missions de paix de s'adapter aux changements observés sur le terrain.
La RDC propose de dépasser une conception limitée du maintien de la paix pour renforcer le lien entre prévention des conflits, médiation, consolidation de la paix et accompagnement politique. L'enjeu consiste à permettre aux missions onusiennes d'accompagner les initiatives de médiation, les mécanismes de cessez-le-feu et les processus politiques visant à instaurer une paix durable.
Key points
- La RDC exhorte l'ONU à adapter les mandats des opérations de paix aux réalités du terrain.
- La rationalisation des opérations de paix ne doit pas rimer avec renoncement.
- La RDC propose une approche plus globale du maintien de la paix.