La rage demeure une préoccupation majeure de santé publique en Tunisie et dans le monde. Selon les données du ministère de la Santé, trois personnes sont décédées de la rage durant les neuf premiers mois de 2026, tandis que plus de 100.000 personnes ont été prises en charge après avoir été attaquées par des animaux. Cette maladie, pourtant évitable, reste une menace pour la population, notamment les enfants de moins de 15 ans qui représentent environ 40% des victimes mondiales.
La Journée mondiale contre la rage, qui a lieu le 28 septembre, vise à sensibiliser la population à cette maladie et à encourager les actions de prévention. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a placé la célébration de cette année sous le slogan «Plus forts ensemble» et insiste sur une approche qui associe santé humaine, santé animale et environnement. L'objectif mondial est ambitieux : parvenir à zéro décès humain dû à la rage canine à l'horizon 2030.
La vaccination des chiens est considérée comme l'un des moyens les plus efficaces pour casser la chaîne de transmission de la rage. En Tunisie, la campagne nationale gratuite et obligatoire de vaccination des chiens et des chats se poursuit durant les mois de septembre et d'octobre. Les services vétérinaires multiplient les points de vaccination et les journées portes ouvertes pour rapprocher le vaccin des propriétaires et augmenter la couverture vaccinale des animaux susceptibles d'être infectés.
La prévention de la rage nécessite également une sensibilisation accrue de la population. La Direction des soins de santé de base rappelle que la responsabilité est collective et que chacun doit prendre des mesures pour éviter les contacts avec les chiens errants et les animaux inconnus. Il est également important d'apprendre aux enfants les bons réflexes, tels que ne pas courir devant un chien, ne pas le provoquer et ne pas tenter de caresser ou nourrir un animal abandonné.
La lutte contre la rage ne se résume pas à une opération symbolique autour du 28 septembre, mais s'inscrit dans un travail de terrain qui doit se poursuivre dans la durée. Les services vétérinaires ont renforcé leurs campagnes de vaccination dans plusieurs gouvernorats et rappellent l'existence de 197 points fixes de vaccination gratuite répartis à travers le pays. Les pouvoirs publics, les vétérinaires, les professionnels de santé et les municipalités doivent travailler ensemble pour prévenir la propagation de la maladie.
La question des chiens errants reste indissociable de celle de la rage. L'abandon d'animaux, l'accès aux déchets alimentaires et l'absence de contrôle de certaines populations animales contribuent à la présence de chiens errants dans les espaces urbains et périurbains. La réponse ne peut donc pas reposer sur une seule mesure, mais nécessite une approche globale qui inclut la vaccination, l'identification et la responsabilité des propriétaires, la gestion des populations animales et la surveillance vétérinaire.
La Tunisie s'engage à poursuivre ses efforts pour prévenir la rage et protéger la population. Les journées de vaccination organisées dans plusieurs régions, les campagnes nationales et les actions de sensibilisation montrent qu'une mobilisation existe déjà sur le terrain. Le propriétaire d'un chien ou d'un chat a également une responsabilité importante : vacciner son animal et ne pas l'abandonner.
Key points
- La rage fait 59.000 décès humains chaque année dans le monde.
- La vaccination des chiens est l'un des moyens les plus efficaces pour prévenir la rage.
- La prévention de la rage nécessite une approche globale qui associe santé humaine, santé animale et environnement.